Londres — La police britannique a mené vendredi une nouvelle perquisition dans l’ancienne demeure d’Andrew Mountbatten-Windsor, un jour après son arrestation pour soupçons de « misconduct in public office ». L’ex-prince, interrogé pendant près de onze heures jeudi, est rentré dans sa résidence actuelle située sur le domaine de Sandringham Estate, retraite privée du roi Charles III.
Les enquêteurs ont achevé leurs opérations à Wood Farm, où Mountbatten-Windsor séjourne temporairement en attendant l’achèvement de Marsh Farm. En revanche, les recherches se poursuivent à Royal Lodge, son ancienne résidence de 30 pièces proche du Windsor Castle, qu’il occupait depuis des décennies avant son éviction plus tôt ce mois-ci. Des fourgons banalisés ont été observés entrant et sortant du domaine.
Une arrestation aux racines anciennes
Responsable des zones à l’ouest de Londres, la Thames Valley Police a confirmé que Mountbatten-Windsor restait sous enquête : il n’est ni inculpé ni blanchi à ce stade. Son arrestation intervient après des années de controverses liées à son amitié avec Jeffrey Epstein, mort en 2019 dans une prison new-yorkaise.
Au cœur des soupçons : la transmission présumée d’informations commerciales confidentielles à Epstein lorsque Mountbatten-Windsor exerçait les fonctions d’envoyé commercial du Royaume-Uni. Des courriels publiés le mois dernier par le U.S. Justice Department semblent montrer le partage de comptes rendus de visites officielles à Hong Kong, au Vietnam et à Singapour. L’un d’eux, daté de novembre 2010, aurait été transféré cinq minutes après sa réception. Un autre évoque des opportunités d’investissement dans la reconstruction de la province afghane du Helmand.
La Thames Valley Police a précisé que l’arrestation de jeudi n’était pas liée aux allégations antérieures de trafic sexuel.
D’autres investigations en cours
Plusieurs forces de police examinent les ramifications britanniques de l’affaire Epstein. La Metropolitan Police a indiqué évaluer, avec l’appui des autorités américaines, si des aéroports londoniens — dont Heathrow Airport — ont pu être utilisés pour faciliter des faits de traite d’êtres humains et d’exploitation sexuelle. Elle a également invité les agents, anciens et actuels, ayant assuré la protection de Mountbatten-Windsor à signaler tout élément pertinent. À ce jour, aucune nouvelle accusation pénale pour infractions sexuelles n’a été formulée dans sa juridiction.
Une procédure complexe
Arrêté jeudi à 8 heures, jour de son 66e anniversaire, Mountbatten-Windsor a été conduit au poste d’Aylsham pour y être entendu. Le contenu de son audition n’a pas été rendu public. Des experts rappellent que l’infraction de « misconduct in public office » est notoirement difficile à établir, notamment pour déterminer si la fonction occupée relève juridiquement d’une charge publique.
La décision d’éventuelles poursuites reviendra au Crown Prosecution Service, qui appliquera le test du « Code for Crown Prosecutors » afin d’évaluer les perspectives réalistes de condamnation et l’intérêt public.
Un précédent historique
Mountbatten-Windsor devient le premier membre de la famille royale arrêté depuis Charles I il y a près de quatre siècles. L’événement constitue l’une des plus graves crises pour la Maison de Windsor à l’époque contemporaine, souvent comparée, par des observateurs, à l’abdication d’Edward VIII en 1936 ou au choc provoqué par la mort de Diana, Princess of Wales en 1997.
Dans un communiqué, le roi Charles III a déclaré que « la justice doit suivre son cours », tout en refusant tout commentaire supplémentaire pendant la procédure.
Mountbatten-Windsor a toujours nié toute faute en lien avec Epstein et n’a pas réagi publiquement aux dernières révélations. Les enquêtes, préviennent les autorités, pourraient s’inscrire dans la durée.
#Epstein #EpsteinFiles #PrinceAndrew #EpsteinAndrew

Soyez le premier à commenter