Le Sénégal conteste le retrait de son titre de la CAN et dénonce une “injustice historique”

La CAF a récompensé les performances du Sénégal, du Maroc et du Nigeria, les deux premières nations fournissant l’essentiel de l’équipe-type.

Le football africain est secoué par une vive polémique depuis la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique des nations. Sacré en janvier à l’issue d’une finale mouvementée face au Maroc, le Sénégal a vu sa victoire annulée au profit du pays hôte, une décision que les autorités sénégalaises jugent profondément injuste.

Lors d’une conférence de presse à Paris, le président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall, a dénoncé ce qu’il qualifie de « vol administratif des plus grossièrement injustes de l’histoire du football ». Il a affirmé que le pays entend défendre « l’honneur » de ses joueurs devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé en Suisse.

L’affaire remonte à la finale disputée à Rabat. Alors que le match touchait à sa fin, une décision arbitrale accordant un penalty au Maroc a provoqué la colère des joueurs sénégalais, qui ont quitté temporairement le terrain, entraînant une interruption d’environ 15 minutes. À la reprise, le penalty marocain a été arrêté, et le match s’est poursuivi jusqu’en prolongation, où le Sénégal a inscrit l’unique but de la rencontre.

Cependant, la CAF a estimé que ce départ momentané constituait une violation du règlement, qui prévoit l’élimination d’une équipe refusant de jouer. En conséquence, l’instance a transformé la victoire sénégalaise (1-0) en défaite par forfait (3-0), attribuant ainsi le titre au Maroc.

Les avocats de la fédération sénégalaise, parmi lesquels Seydou Diagne, dénoncent une « trahison » et pointent de possibles irrégularités dans la procédure. Ils reprochent notamment à la CAF de ne pas avoir fourni de motivation écrite détaillée pour justifier sa décision, en contradiction avec son propre code disciplinaire. Selon eux, cette faille pourrait rendre la décision juridiquement invalide.

Au-delà de l’aspect réglementaire, le Sénégal évoque également des soupçons de corruption et appelle à une enquête internationale. Cette affaire alimente par ailleurs les critiques sur l’influence croissante du Maroc dans les instances du football africain, notamment à l’approche de la Coupe du monde 2030 que le pays coorganisera.

De son côté, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a assuré qu’aucune nation ne bénéficie de traitement préférentiel au sein de l’organisation.

Le recours devant le TAS pourrait s’étendre sur plusieurs mois, bien que les avocats sénégalais demandent une procédure accélérée afin d’obtenir une décision dans un délai de deux mois. En attendant, le Sénégal maintient sa position : pour lui, le titre de champion d’Afrique reste acquis sur le terrain.

Cette affaire pose une question majeure pour l’avenir du football : jusqu’où les décisions administratives peuvent-elles remettre en cause le verdict du jeu ?

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