Sahara occidental : Washington impulse une nouvelle phase de discussions

Une première rencontre prendra la forme d’un tour de table exploratoire réunissant le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.

Le dossier du Sahara occidental connaît une accélération diplomatique notable, rapporte Africa Intelligence. Alors que le Maroc finalise l’actualisation de son plan d’autonomie, les États-Unis s’apprêtent à lancer une première séquence de discussions exploratoires, marquant un tournant dans la gestion internationale de ce conflit de longue date.

Restées en suspens depuis l’adoption, le 31 octobre dernier, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, les négociations directes entre Rabat et le Front Polisario commencent à se préciser, précise la source qui, citant « plusieurs sources concordantes », indique qu’une réunion préparatoire de niveau ministériel devrait se tenir aux États-Unis dans les prochains jours, même si la date exacte demeure tributaire d’un agenda diplomatique particulièrement chargé.

Une réunion exploratoire sous parrainage américain

Toujours selon Africa Intelligence, cette première rencontre prendra la forme d’un tour de table exploratoire réunissant le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. Côté marocain, la délégation devrait être conduite par le ministre des affaires étrangères, Nasser Bourita, et le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit. Un représentant de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), le service de renseignement extérieur marocain, pourrait également participer aux échanges.

Conçue comme une étape préliminaire, cette réunion ne se tiendrait ni à New York ni à Washington, mais dans un lieu tiers, choisi pour garantir à la fois la discrétion et la maîtrise du format. En cas d’échanges jugés constructifs, le calendrier diplomatique pourrait s’accélérer, avec l’organisation d’une première rencontre formelle envisagée dès le mois de février.

Dans cette phase initiale, le dispositif exclut explicitement la participation de l’Espagne et de la France. Le processus repose sur un parrainage américain direct, l’implication des Nations unies n’étant envisagée qu’à un stade ultérieur.

La recherche de résultats rapides

Cette initiative s’inscrit dans l’approche prônée par Donald Trump, qui entend conférer à Washington un rôle moteur dans la phase préparatoire des discussions, au détriment du cadre onusien classique. L’objectif affiché est d’obtenir des résultats tangibles et rapides, en rupture avec la méthode progressive défendue par l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura.

Le conseiller Afrique du président américain, Massad Boulos, serait à la manœuvre, défendant une position présentée comme médiane entre Rabat et Alger.

Rabat finalise son plan d’autonomie

Parallèlement, le Maroc poursuit le travail d’actualisation de son plan d’autonomie, dont la première version remonte à 2007. Le volet diplomatique est piloté par les conseillers royaux Fouad Ali El Himma, Taïeb Fassi-Fihri et Omar Azziman, tandis qu’Abdelouafi Laftit supervise les aspects territoriaux et sécuritaires.

Une réunion préparatoire s’est tenue le 10 novembre 2025 entre ce trio proche de Mohammed VI et les partis de la majorité institutionnelle, afin de fixer le cadre politique de cette actualisation.

Le Front Polisario mobilise ses figures clés

Côté sahraoui, plusieurs responsables de premier plan devraient être impliqués. Mohamed Salem Ould Salek, figure historique de la diplomatie du Front Polisario, est pressenti pour conduire la délégation politique lors des cycles de négociations de fond. Le ministre des affaires étrangères, Mohamed Yeslem Beissat, est déjà engagé dans la phase préparatoire.

L’équipe pourrait également inclure Sidi Omar, représentant du Front Polisario auprès des Nations unies, Mouloud Said, interlocuteur régulier des cercles américains, ainsi que Fatma El Mehdi, actuelle ministre de la coopération.

Doha et Oslo en options alternatives

Cette séquence diplomatique n’est pas sans rappeler les discussions de Manhasset, dernier cycle structuré de négociations tenu entre 2007 et 2009, dans un format quadripartite incluant l’Algérie et la Mauritanie. Si aucun élément ne permet à ce stade de confirmer la reconduction de ce schéma, la participation algérienne demeure un enjeu central.

En parallèle, d’autres lieux sont envisagés pour d’éventuelles discussions intermédiaires, notamment Doha et Oslo. La capitale norvégienne a récemment accueilli, les 12 et 13 janvier, une délégation parlementaire marocaine reçue au Storting, le Parlement norvégien, dans le cadre officiel d’un dialogue parlementaire bilatéral.

L’option norvégienne suscite un intérêt particulier du côté du Front Polisario, qui bénéficie d’un soutien historique et politique significatif en Norvège.

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