31 millions de dollars d’argent de poche pour le Midas marocain ; un nouveau livre dévoile les dépenses extravagantes d’un roi qui a un jour fait transporter son Aston Martin en Grande-Bretagne pour une simple révision
« Il aime que ses jouets préférés soient en parfait état. En fait, le roi Mohammed VI du Maroc est connu pour avoir fait transporter son Aston Martin à bord d’un avion cargo Hercules jusqu’au constructeur en Grande-Bretagne, simplement pour une mise au point.
Plus de 5 millions de ses sujets vivent avec moins d’un dollar sterling par jour. Mais “Sa Majesté”, comme même les membres de sa famille proche doivent l’appeler, n’a pas à se serrer la ceinture, car la générosité du peuple est sans limite. Il reçoit 31millions de dollars par an de fonds publics comme “argent de poche”, qu’il dépense à sa guise, selon les auteurs de Le Roi Prédateur… (suite…)
Le livre, publié ce mois-ci à Paris, offre un rare aperçu du train de vie extraordinairement fastueux de l’un des derniers monarques absolus du monde. Il dépense 1 million de dollars par an en nourriture pour ses animaux de compagnie et le double pour sa garde-robe.
Ses 12 palais sont maintenus avec un personnel complet, climatisés à une température constante de 17 °C et approvisionnés de toutes les délicatesses connues de l’homme, au cas où Mohammed déciderait d’y faire un saut. Leur fonctionnement coûte 1 million de dollars par jour aux contribuables, mais le roi n’en utilise que quatre.
Une telle extravagance met en lumière une énigme intrigante du soi-disant printemps arabe : comment les monarchies corrompues et dispendieuses du Moyen-Orient ont-elles réussi à survivre à la colère populaire qui a renversé tant d’autres régimes de la région ? De Bahreïn à la Jordanie, émirs et rois ont fait face à des manifestations. Pourtant, aucun n’a été contraint de fuir comme le Tunisien Zine Ben Ali, de démissionner comme l’Égyptien Hosni Moubarak, ou d’être capturé et tué comme Mouammar Kadhafi, l’ancien dictateur libyen.
Les Marocains révèrent leur monarque qui, à 48 ans, est d’une autre trempe que les gériatres totalement déconnectés qui gouvernaient l’Égypte et la Tunisie. En 2002, il a épousé la princesse Lalla Salma, qui a assisté l’an dernier au mariage du prince William et qui est la première épouse d’un monarque marocain à avoir été officiellement reconnue et dotée d’un titre royal.
Mais la tolérance à l’égard des excès du palais s’effrite, affirment Catherine Graciet et Éric Laurent, les auteurs journalistes du livre, qui disent avoir eu accès à des sources du palais.
La cérémonie d’intronisation du roi en 1999, lorsqu’il fut présenté au peuple comme “le roi des pauvres”, semble aujourd’hui un lointain souvenir.
Non content de vider les caisses de l’État, le “roi Midas” a également mis la main sur l’économie. Aujourd’hui, ses détracteurs l’appellent le “directeur général de Morocco Inc”, tant il contrôle une grande partie de l’agriculture et de l’industrie du pays nord-africain à travers diverses holdings royales.
Avec une fortune estimée à 2 milliards de dollars, il est devenu plus riche encore que les dirigeants de nombreux États producteurs de pétrole. “Il a pris le contrôle de tous les secteurs clés de l’économie”, affirme le livre. “Il est le premier banquier, assureur, exportateur et producteur agricole du pays.”
Son goût pour le luxe se manifeste notamment par sa collection de voitures clinquantes. “Presque chaque matin, il exige qu’une douzaine de voitures de sa collection soient alignées devant lui pour l’aider à décider laquelle il utilisera. Ferrari, Aston Martin, Maybach… le choix est vaste.”
En matière de couture, seul le meilleur est acceptable. On a rapporté qu’il avait un jour dépensé 35 000 dollars à Londres pour un manteau en cachemire. Lors de ses déplacements à l’étranger, il n’est pas rare qu’il soit accompagné de 300 invités répartis dans plusieurs avions.
Son jet privé possède sa propre salle de sport.
À ce mode de vie tapageur s’ajoute un tempérament instable et capricieux. Le roi, qui a subi de sévères châtiments corporels de la part de son père, le roi Hassan II, est connu pour ses accès de rage violents, au cours desquels il s’en prend physiquement à ses aides.
Rien de tout cela n’empêche des personnalités publiques françaises de chercher à s’attirer ses bonnes grâces. Beaucoup, comme Dominique Strauss-Kahn, le politicien socialiste déchu et ancien directeur général du Fonds monétaire international, possèdent des résidences de vacances à Marrakech ; Jacques Chirac, l’ancien président français, ami du père de Mohammed, est souvent aperçu au bord de la piscine de l’hôtel de luxe Gazelle d’Or à Taroudant.
Le soutien français ne pèse cependant rien aux yeux de la rue, et Mohammed a habilement devancé les manifestations du printemps arabe l’an dernier en réécrivant la constitution de son pays et en accordant davantage de pouvoirs aux responsables politiques élus. Selon les nouvelles règles, il a également conservé une poigne ferme sur la sécurité, l’armée et les affaires religieuses : il sait que son peuple est en colère.
Selon des télégrammes de l’ambassade américaine révélés par WikiLeaks, une corruption endémique s’étend jusque dans le palais. Un ambassadeur se plaignait auprès de Washington de “l’avidité scandaleuse de ceux qui sont proches” du roi.
“Les principales institutions de l’État marocain sont utilisées par le palais pour contraindre et solliciter des pots-de-vin dans le secteur immobilier”, aurait déclaré un haut homme d’affaires marocain cité dans l’un des câbles. Inutile de dire que le palais rejette ces accusations, les qualifiant de mensonges impertinents. »
IL DÉPENSE 1 MILLION DE DOLLARS PAR AN EN NOURRITURE POUR SES ANIMAUX ET LE DOUBLE POUR SA GARDE-ROBE
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