Une audition au Congrès des États-Unis a donné lieu à un échange tendu entre le sénateur républicain Ted Cruz et des responsables du Département d’État des États-Unis, autour de la situation sécuritaire en Afrique du Nord et au Sahel. Au cœur des débats : la tentative du sénateur d’associer le Front Polisario à des activités terroristes.
Lors de cette séance consacrée aux menaces régionales, Ted Cruz a cherché à obtenir de l’administration américaine un positionnement plus sévère envers le mouvement sahraoui. S’appuyant sur des extraits d’une déposition écrite évoquant à la fois le rôle stabilisateur de l’Algérie et la nécessité de contenir l’extrémisme au Sahel, le sénateur a suggéré que ces références visaient implicitement le Polisario.
Il a également évoqué de présumés liens entre le mouvement et Iran, citant le Corps des gardiens de la révolution islamique et Hezbollah. Ted Cruz a indiqué travailler sur un projet de loi visant à classer le Front Polisario comme « organisation terroriste », et a pressé les responsables auditionnés de confirmer cette qualification.
Refus clair du Département d’État
Les représentants du Département d’État ont opposé un refus constant à ces demandes. Robert Palladino, l’un des responsables interrogés, a souligné que la politique américaine concernant le Sahara occidental demeure fondée sur la recherche d’un règlement politique durable et l’engagement avec l’ensemble des parties prenantes.
Face aux relances insistantes du sénateur, le responsable a rappelé que toute désignation d’une entité comme organisation terroriste relève de procédures juridiques strictes, basées sur des éléments de preuve et des évaluations sécuritaires approfondies. Il a insisté sur le fait que ces décisions ne sauraient être dictées par des pressions politiques internes.
Même lorsqu’il a été interrogé sur l’influence iranienne en Afrique du Nord, Robert Palladino s’est abstenu de citer le Polisario parmi les menaces identifiées, préférant réaffirmer la coopération américaine avec les États partenaires dans la lutte contre les groupes officiellement classés terroristes.
Une ligne diplomatique maintenue
Dans un moment de tension, Ted Cruz a demandé si les responsables auditionnés avaient reçu des consignes pour éviter toute critique du Polisario. « Non », a répondu Robert Palladino, assurant que ses déclarations reflétaient la position diplomatique de l’administration.
Cette audition met en lumière les divergences persistantes à Washington sur l’approche du dossier sahraoui. Elle confirme, en l’état, le maintien d’une ligne prudente du Département d’État, qui distingue le conflit du Sahara occidental des enjeux globaux de lutte contre le terrorisme et privilégie une solution politique sous l’égide internationale.
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