Maroc : Le pays sombre dans les crises 

« Le gouvernement a pris l’habitude de tourner le dos aux drames qui secouent le pays, comme si ce qui se passe hors de l’hémicycle n’était qu’un détail secondaire », s’indigne un analyste politique local.

Maroc : Le « Gouvernement des catastrophes » sous le feu des critiques après les inondations au Nord

Alors que des pluies diluviennes ont plongé plusieurs régions du Royaume dans le chaos, notamment à Ksar El Kébir, le mutisme de l’exécutif et la prospérité affichée des entreprises liées au Chef du gouvernement cristallisent la colère sociale. Entre déni officiel et profits records, le fossé avec le peuple n’a jamais semblé aussi abyssal.

Par Jouly Benaïssa

Le contraste est saisissant, pour ne pas dire indécent. D’un côté, des images de désolation : des quartiers entiers sous les eaux à Ksar El Kébir, des populations rurales isolées et des pertes matérielles accablantes. De l’autre, des communiqués financiers triomphants. Alors que le Maroc panse ses plaies après une série d’inondations dévastatrices, le groupe Afriquia Gaz, propriété du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, affiche une santé de fer avec des bénéfices en hausse de 2,4 % pour l’exercice 2025.

Un silence assourdissant au Parlement

Lundi dernier, l’hémicycle a été le théâtre d’une scène qui restera comme le symbole de cette déconnexion. Face aux demandes urgentes de l’opposition d’ouvrir un débat sur la catastrophe humanitaire en cours, le gouvernement s’est muré dans une posture bureaucratique, s’abritant derrière l’ordre du jour. Un « déni de réalité » fustigé par les observateurs, qui voient dans ce refus de dialoguer une preuve supplémentaire de l’indifférence du « Makhzen » envers les citoyens les plus vulnérables.

« Le gouvernement a pris l’habitude de tourner le dos aux drames qui secouent le pays, comme si ce qui se passe hors de l’hémicycle n’était qu’un détail secondaire », s’indigne un analyste politique local.

La faillite de la gestion de crise

Sur le terrain, le constat de l’Espace marocain des droits de l’homme est sans appel. L’organisation pointe du doigt une gestion de crise défaillante :

  • Absence de prévention : Malgré les alertes météorologiques, les infrastructures n’ont pas tenu.
  • Retards de secours : Une coordination jugée insuffisante entre les services de l’État.
  • Abandon des zones rurales : Si les grandes villes captent l’attention, les zones montagneuses restent les grandes oubliées des dispositifs d’urgence.

Le mélange des genres : pouvoir et argent

Au-delà de la gestion technique, c’est le modèle de gouvernance qui est sur le banc des accusés. Le terme de « gouvernement des catastrophes » commence à circuler largement dans l’opinion publique. On reproche à l’exécutif sa « célérité » lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts des grands groupes économiques proches du pouvoir, contrastant violemment avec sa « lenteur » face aux urgences sociales.

Pour de nombreux rapports médiatiques, la solution passe par une séparation nette entre le pouvoir politique et les intérêts financiers. Sans une transparence réelle et une reddition de comptes effective, le sentiment d’injustice risque d’alimenter une colère sociale déjà exacerbée par l’inflation et la corruption endémique.

Aujourd’hui, le Maroc ne lutte pas seulement contre les éléments naturels, mais contre une crise de confiance qui fragilise les fondements mêmes du contrat social.

#Maroc #Inondations #Afriquia #Akhannouch

Visited 6 times, 1 visit(s) today

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*