La fuite de 3 millions de documents révèle les liens entre Mohammed VI et l’affaire Epstein

L'implication tacite de Jeffrey Epstein soulève de grandes questions sur la protection des valeurs de la société par l'Etat du Maroc.

Des documents officiels publiés par le Département de la Justice américain concernant l’affaire Jeffrey Epstein, dont « Tariq News » a obtenu des copies, révèlent que le nom du Maroc apparaît de manière répétée dans plusieurs courriers électroniques indexés dans les archives. Ces échanges concernent des voyages, de la coordination entre individus, des questions logistiques, ainsi qu’un message au contenu sexuel explicite lié au Royaume.

Les données présentées ici sont basées sur les métadonnées de courriels portant des numéros de référence officiels. Elles documentent les objets, dates, expéditeurs, destinataires et thèmes des messages.

Alertes répétées intitulées « Moroco »

Le 14 mai 2015, deux messages apparaissent sous l’intitulé : « Alert – moroco? » Le premier émane de Jeffrey Epstein vers l’adresse jeevacation@gmail.com (Réf : EFTA00625655), et le second de cette même adresse vers elle-même (Réf : EFTA00857039). La formulation suggère une alerte ou un suivi concernant un dossier ou des arrangements liés au Maroc.

Auparavant, le 25 octobre 2014, trois messages consécutifs portaient l’intitulé : « Alert – lang moroco » (Réf : EFTA02383262 – EFTA02349742 – EFTA02336874). Ces messages indiquent une répétition d’alertes ou de préparatifs associés au nom « Moroco » au sein du même compte.

Demandes directes sur des voyages au Maroc

Dans un courriel daté du 22 octobre 2015, l’objet est explicite : « do you need a visa for moroco » (Avez-vous besoin d’un visa pour le Maroc ?) (Réf : EFTA00842752).

Le 20 novembre 2016, un message adressé à une entité nommée « Afri zp » pose la question : « Will your friends be in moroco 29-2 » (Est-ce que vos amis seront au Maroc le 29-2 ?) (Réf : EFTA01061144 – EFTA02668436). Cette formulation reflète une coordination pour la présence de personnes au Maroc à une date précise, sans préciser leur identité.

Un message au contenu sexuel explicite

L’élément le plus grave de cette série de documents apparaît dans deux échanges datés du 15 janvier 2013 entre une personne nommée Sultan Bin Sulayem et Jeffrey Epstein. Le titre du message, tel qu’il figure littéralement dans l’indexation, est :

« Special classes to teach women how to give BJ in Moroco » (Réf : EFTA00711292 – EFTA01910709)

Traduction littérale : « Cours spéciaux pour apprendre aux femmes comment faire des [fell…on] au Maroc ». Tariq News s’abstient de citer le reste du message pour des raisons éthiques et professionnelles. Bien que le texte complet ne soit pas affiché, la présence d’un tel titre dans la correspondance d’Epstein — condamné pour exploitation sexuelle — place ce contenu dans un contexte extrêmement sensible sur les plans moral et criminel.

Mohammed VI et son entourage au cœur des accusations

Les correspondances révèlent que l’intersection entre le nom du Maroc et le réseau d’Epstein ne se limitait pas à la logistique de voyage, mais touchait des cercles d’influence de haut niveau.

Les documents mentionnent notamment la possibilité d’une rencontre avec le Roi. Un message indique qu’une personnalité (dont le nom est masqué dans la version publiée) « ne voyagera pas au Maroc pour rencontrer le Roi ». Si cela ne prouve pas que la rencontre a eu lieu, cela révèle que l’idée d’accéder à ce niveau de rencontre était envisagée au sein du réseau Epstein.

Les messages montrent également une communication avec des figures politiques européennes très présentes au Maroc, dont l’homme politique français Jack Lang, connu pour ses liens culturels et institutionnels avec le Royaume. Les échanges évoquent une coordination de visites au Maroc, des contacts familiaux et même des propositions de soutien financier en échange de « conseils ».

Sur le plan financier, les archives indiquent qu’Epstein s’intéressait aux indicateurs souverains du Maroc, notamment les Credit Default Swaps (CDS), des outils utilisés pour évaluer les risques de la dette d’un pays. Des références au secteur des phosphates, pilier de l’économie nationale, apparaissent également, ajoutant une dimension financière et stratégique à ses mouvements.

Conclusion : Un système de gouvernance en question

En recoupant ces éléments, trois couches apparaissent :

  1. La tentative d’accès aux cercles souverains les plus élevés (référence à la « rencontre avec le Roi »).
  2. Un réseau de relations avec des figures politiques influentes au Maroc.
  3. Un intérêt direct pour les instruments financiers souverains et les secteurs stratégiques.

L’affaire Epstein suggère que le Maroc n’est plus seulement le théâtre de dérives individuelles, mais un espace où les autorités pourraient faciliter la tâche à des individus impliqués, affaiblissant ainsi les institutions de contrôle et légitimant les déviances. Cette implication tacite soulève de grandes questions sur la protection des valeurs de la société par l’État.

#Maroc #EpsteinFiles #JeffreyEpstein #MohammedVI #BillClinton

Visited 11 times, 1 visit(s) today

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*