Environ un mois après son élection, le 18 décembre 2025, à la tête de l’association « France-Algérie », Ségolène Royal, figure politique française renommée et ancienne ministre de l’Environnement, a présenté une série de propositions visant à apaiser les relations tendues entre Paris et Alger. Ces déclarations ont été faites lors de sa participation à un séminaire organisé par l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) intitulé : « Demain, la France et l’Algérie ».
Selon le magazine français Jeune Afrique, ces initiatives se concentrent sur les dossiers de la mémoire, de l’histoire et de la colonisation, ainsi que sur la question de la restitution des biens et des archives, bien qu’elles n’aient aucun caractère contraignant pour les autorités françaises.
Mme Royal a estimé que l’amélioration des relations bilatérales algéro-françaises passe inévitablement par le traitement des questions en suspens liées au passé colonial. Elle a souligné que le cœur du différend entre les deux pays réside dans le dossier de la mémoire, affirmant que « les crimes de la colonisation n’ont pas été nommés intégralement, ni réparés, ni fait l’objet d’excuses ».
La politicienne de gauche a également rejeté ce qui est qualifié de « rente mémorielle » dans le discours politique français, y voyant un moyen de dépouiller les victimes de l’histoire de la légitimité de leurs revendications. Elle a déclaré : « La mémoire de la violence coloniale n’est ni un calcul politique ni un intérêt conjoncturel, mais un droit à la reconnaissance de faits avérés et documentés ».
De plus, la présidente de l’association France-Algérie a appelé à la restitution à l’Algérie de tous les biens historiques liés à la période coloniale, y compris les archives. Ségolène Royal a notamment mentionné la tente de l’Émir Abdelkader, son épée et son fusil exposés au musée de Chantilly, le canon « Baba Merzoug » situé dans le port militaire de Brest, ainsi que les crânes et restes de résistants algériens toujours conservés dans des collections françaises. Elle a affirmé avoir entamé des contacts avec la municipalité de Brest et le musée de Chantilly pour accélérer les procédures de restitution.
En outre, Royal a abordé la question des essais nucléaires français dans le Sahara algérien et leurs répercussions sanitaires et environnementales, appelant à l’ouverture totale des archives relatives à ces essais, à l’amélioration des données sur la contamination radioactive et au développement de programmes globaux de décontamination environnementale. L’ancienne ministre y voit une « réelle opportunité de développer des partenariats économiques dans les domaines de l’énergie, de la transition énergétique et de la protection de l’environnement ».
Si ces déclarations de Ségolène Royal sont passées inaperçues en France, elles ont trouvé un écho positif en Algérie, selon Jeune Afrique.
Toutefois, l’impact de ces initiatives reste limité d’un point de vue pratique. Bien que l’association France-Algérie jouisse d’une symbolique historique depuis sa création en 1963, elle ne détient aucun pouvoir officiel et ses recommandations n’engagent pas la diplomatie française. Néanmoins, des observateurs estiment que ces initiatives pourraient contribuer à rouvrir le débat sur des dossiers sensibles qui pèsent depuis longtemps sur les relations algéro-françaises, dans l’attente d’une réelle volonté politique des deux parties pour transformer les paroles en actes.
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