États-Unis : la lutte contre l’immigration irrégulière dégénère en répression meurtrière

Volker Türk appelle à une enquête indépendante et transparente sur l’augmentation du nombre de décès sous la garde des services américains de l’immigration et des douanes.

Minneapolis – La politique anti-immigration du président américain Donald Trump prend un tournant dramatique après le meurtre, samedi à Minneapolis, d’un citoyen américain de 37 ans, Alex Pretti, quelques jours seulement après la mort de Renee Good, également âgée de 37 ans, abattue par un agent fédéral de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) dans le même État.

Alex Pretti, infirmier, a été tué alors qu’il filmait une scène d’arrestation avec son téléphone. Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, six agents de l’ICE se sont approchés pour tenter de le maîtriser avant qu’un d’entre eux ne tire à plusieurs reprises, le tuant sur le coup. La vidéo contredit la version officielle de l’administration et relance le débat sur l’usage de la force par les agents fédéraux.

Une campagne d’arrestations qui fait des victimes

Depuis le début de cette campagne d’arrestations visant principalement les migrants d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, près d’un million de personnes ont été expulsées. Selon les médias américains, au moins six personnes sont mortes dans les centres de rétention, s’ajoutant à une trentaine de décès recensés l’année dernière par l’ONU.

Minneapolis est devenue un épicentre de cette politique, avec un budget de plus de 170 milliards de dollars jusqu’en 2029 alloué à l’ICE et des pouvoirs quasi illimités accordés aux agents fédéraux pour mener leurs opérations.

L’inquiétude de l’ONU

Cette répression suscite de vives critiques à l’échelle nationale et internationale. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, dénonce « la déshumanisation et le traitement néfaste » des migrants et réfugiés aux États-Unis. Il souligne que les arrestations ont lieu dans divers lieux publics – hôpitaux, écoles, tribunaux, lieux de culte – et parfois même dans les domiciles, souvent sur la base de simples soupçons.

« Les enfants manquent l’école et leurs rendez-vous chez le pédiatre par crainte de ne plus jamais revoir leurs parents », a-t-il ajouté.

Selon l’ONU, la diabolisation des migrants – présentés comme criminels ou fardeaux pour la société – justifie des pratiques « inhumaines et contraires aux valeurs fondamentales de la nation ».

Arrestations, détentions et expulsions sans garanties

Le Haut-Commissaire déplore que de nombreuses arrestations et expulsions se fassent sans accès rapide à un avocat ni recours effectif. Des familles sont séparées, les enfants exposés à des préjudices durables, et les parents transférés d’un centre à l’autre sans information sur leur localisation. Certaines expulsions ont été effectuées vers des pays avec lesquels les migrants n’avaient aucun lien, parfois en violation des risques de torture ou de préjudice grave.

Volker Türk appelle à une enquête indépendante et transparente sur l’augmentation du nombre de décès sous la garde des services américains de l’immigration et des douanes, soulignant la nécessité de renforcer les garanties pour protéger les droits fondamentaux des migrants et réfugiés.

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