La nouvelle vague de documents déclassifiés liés à l’affaire Jeffrey Epstein continue de provoquer des secousses politiques bien au-delà des États-Unis. En France, plusieurs figures des élites politiques et économiques sont citées dans ces archives, qui mettent en lumière l’ampleur du réseau d’influence bâti par le financier américain, condamné pour crimes sexuels. Parmi les noms les plus fréquemment mentionnés figure celui de Jack Lang, ancien ministre et actuel président de l’Institut du Monde Arabe.
Selon les documents rendus publics le 30 janvier, le nom de Jack Lang apparaîtrait près de 670 fois dans la correspondance d’Epstein. Ces éléments, révélés et analysés par le média Révolution Permanente, laissent penser que l’ancien responsable socialiste aurait occupé une place centrale dans les relais français du milliardaire.
Figure majeure de la Ve République, Jack Lang a exercé de nombreuses fonctions politiques au cours des dernières décennies : ministre de la Culture sous François Mitterrand, ministre de l’Éducation sous Lionel Jospin, député, député européen, maire de Blois, avant de prendre en 2013 la tête de l’Institut du Monde Arabe avec le soutien de François Hollande, puis d’Emmanuel Macron. Les documents récemment déclassifiés suggèrent qu’il aurait été l’un des principaux intermédiaires d’Epstein en France.
Les échanges versés aux dossiers montrent qu’Epstein utilisait ses ressources financières pour entretenir un vaste réseau d’influence international. Jack Lang et sa fille, Caroline Lang, y auraient occupé une place significative. Un courriel du financier évoque notamment le financement d’un documentaire consacré à l’ancien ministre, Epstein écrivant qu’il contribue afin que Lang « reste dans l’équipe », expression interprétée par Révolution Permanente comme une référence à son réseau d’influence.
Les documents évoquent également de nombreux avantages dont aurait bénéficié Jack Lang sur plusieurs années : voyages financés, prêts de jets privés, dîners de prestige. Par ailleurs, Caroline Lang aurait été coassociée avec Epstein dans une société offshore domiciliée aux îles Vierges britanniques, structure soupçonnée d’avoir servi au blanchiment de fonds liés à ce réseau. À la suite de ces révélations, elle a démissionné de la présidence du Syndicat des producteurs indépendants.
De son côté, Jack Lang a multiplié les prises de parole pour se défendre. Interrogé le 4 février sur France Info, il a affirmé que Jeffrey Epstein n’était pas un ami, tout en niant avoir eu connaissance des accusations de crimes sexuels avant 2019 et avoir perçu le moindre financement du milliardaire. Des déclarations contredites, selon Révolution Permanente, par les éléments contenus dans les documents déclassifiés.
Aucun document ne démontre à ce stade une implication directe de Jack Lang dans les crimes sexuels commis par Epstein. Toutefois, les révélations posent la question de la nature des relations entretenues et de l’utilisation de la position institutionnelle de l’ancien ministre. Des échanges laissent notamment entendre qu’Epstein aurait cherché à influencer, par l’intermédiaire de Lang, certaines prises de position du président Emmanuel Macron, notamment en lien avec le prix d’architecture Pritzker en 2019.
Le Quai d’Orsay a annoncé la convocation de Jack Lang le dimanche 8 février, une décision interprétée par certains observateurs comme une tentative de circonscrire le scandale à un cas individuel. Pour Révolution Permanente, ces révélations dessinent au contraire les contours d’un système plus large, mêlant pouvoir politique, argent et exploitation sexuelle, et illustrent une crise morale profonde des élites internationales.
Le média appelle enfin à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les crimes de Jeffrey Epstein et les responsabilités de son réseau, estimant que les institutions étatiques ont jusqu’ici failli à rendre justice aux victimes.
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