La victoire du Sénégal à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a marqué les esprits, mais elle a également mis en lumière les tensions entre supporters, tant en Afrique qu’au sein des diasporas musulmanes en Europe. Ces affrontements soulignent les risques pour la cohésion sociale et la fraternité entre communautés.
Pour l’auteur, Mustafa Mohamed Habis, le football est devenu bien plus qu’un jeu : c’est une industrie lucrative, un outil médiatique et politique, et parfois un instrument de distraction massive. Alors que les sociétés musulmanes font face à des défis majeurs – chômage, pauvreté, corruption, conflits et crises sociales – les grandes compétitions sportives détournent l’attention des citoyens, créant un « monde imaginaire » qui occulte les véritables enjeux du développement.
Cette idée est largement partagée par des penseurs tels que Mehdi El Mandjra, Noam Chomsky, Antonio Gramsci ou Eduardo Galeano, qui voient dans le sport un « opium » moderne. Le football, comme d’autres formes de loisirs collectifs, agit parfois comme un « substitut religieux » : il crée des rituels, des symboles et des émotions collectives qui renforcent l’identité mais détournent l’énergie des citoyens des luttes sociales et politiques réelles.
L’article souligne également un danger spirituel et sociétal : la transformation du religieux en refuge individuel, où la préoccupation principale devient la survie personnelle ou la sécurité matérielle, plutôt que la réforme et la justice collective. Selon Salah Eddine Khaldi, cette dérive conduit à un « isolement défensif » : chacun cherche son salut personnel, croyant naïvement pouvoir échapper aux crises collectives. Le vrai défi, souligne l’auteur, est de construire une communauté consciente, capable d’agir pour la justice, le développement et la dignité, plutôt que de se contenter d’un confort individuel illusoire.
En conclusion, le texte invite à un double réveil : reconnaître les effets sociaux et politiques des loisirs de masse comme le football, et refonder le sens du collectif dans la société et dans la pratique religieuse, afin que l’énergie des peuples ne soit pas dispersée mais investie dans la construction d’un avenir commun.
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