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Alors que le « World Happiness Report » (WHR) 2025 vient de paraître, une analyse approfondie des pays du Maghreb révèle que le bien-être et la confiance sociale sont loin d’être des préoccupations secondaires. En Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Libye, la « science du bonheur » s’impose comme un indicateur de progrès plus pertinent que le seul PIB.
Un concept ancré dans l’histoire régionale
Contrairement à l’idée reçue que le bonheur serait un luxe réservé aux pays développés, cette étude souligne qu’il est profondément enraciné dans la tradition intellectuelle et spirituelle du Maghreb. Des philosophes comme Al-Farabi ou Ibn Sina (Avicenne) le considéraient déjà comme l’objectif ultime de l’existence. Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les penseurs, mais les experts en développement qui voient dans la « satisfaction de vie » une mesure concrète de la réussite des politiques publiques.
Radiographie d’une région en mutation
Les classements du WHR 2025 montrent des trajectoires divergentes pour les pays de la région :
- Libye : Malgré l’instabilité, elle enregistre le meilleur score régional (79e mondial), portée par des réseaux familiaux et sociaux résilients.
- Algérie : Elle connaît une chute importante, passant de la 53e place en 2017 à la 84e en 2025.
- Maroc et Tunisie : Ils ferment la marche (respectivement 112e et 113e), illustrant l’impact des pressions économiques et du chômage des jeunes sur le moral national.
La force des liens informels
L’enseignement majeur du rapport 2025 réside dans la bienveillance. Si le Maghreb participe peu au bénévolat structuré ou aux dons officiels, il excelle dans l’aide informelle aux étrangers. La Libye et le Maroc se classent parmi les 35 meilleurs pays au monde pour « l’aide à un inconnu ». Cette solidarité de proximité, héritée des traditions communautaires, constitue un filet de sécurité sociale invisible mais vital.
Cinq pistes pour l’avenir
Pour transformer ces atouts culturels en stabilité politique, l’étude propose plusieurs recommandations :
- Institutionnaliser le bien-être : S’inspirer de modèles comme le ministère du Bonheur aux Émirats arabes unis.
- Valoriser la solidarité : Utiliser les principes de la Zakat et des Waqf pour financer des projets de lutte contre les inégalités.
- Urbanisme social : Créer des espaces publics (marchés, parcs) qui favorisent les rencontres intergénérationnelles.
- Combattre la solitude des jeunes : Créer des clubs de mentorat pour contrer le sentiment d’isolement et de désespoir.
- Restaurer la confiance : Lutter contre la corruption pour réengager les citoyens dans la vie publique.
En conclusion, le rapport rappelle que le bonheur au Maghreb n’est pas qu’une affaire d’émotions individuelles, mais une responsabilité collective. Pour bâtir des sociétés résilientes, les décideurs doivent placer la confiance et le lien social au cœur de leurs stratégies économiques.

