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Le livre analyse l’impact du « printemps arabe » sur l’avenir du projet d’intégration du Maghreb arabe, en s’interrogeant sur la capacité des révolutions populaires à sortir l’Union du Maghreb arabe (UMA) de son état de paralysie chronique.
Les auteurs soulignent que la construction maghrébine n’a jamais été un véritable projet populaire, mais plutôt une initiative élitiste et étatique, confisquée par les régimes au pouvoir depuis l’indépendance. Malgré de nombreuses tentatives historiques (de 1947 à l’accord de Marrakech de 1989), l’UMA est restée une structure formelle, vidée de contenu réel, en raison des rivalités politiques, de l’absence de démocratie, du poids de l’État-nation et des conflits régionaux, notamment la question du Sahara occidental.
L’ouvrage insiste sur le fait que toute intégration régionale dépend étroitement des conditions internes des États : autoritarisme, absence de libertés, faiblesse de la société civile et manque de volonté politique ont empêché l’émergence d’un projet maghrébin viable. Le « printemps arabe » a ravivé l’espoir que les peuples puissent reprendre en main ce projet, mais rien ne garantit que les régimes acceptent de céder ce monopole.
Une large partie est consacrée à la dimension économique, montrant que le Maghreb dispose de forts atouts pour un véritable intégration économique (marché élargi, complémentarité des ressources, mobilité du travail et du capital), à l’image d’autres blocs régionaux dans le monde. Cependant, ces potentialités restent inexploitées à cause de politiques économiques non coordonnées et de structures étatiques fermées.
Le livre analyse aussi les trajectoires politiques divergentes des pays maghrébins (Libye, Algérie, Maroc, Tunisie, Mauritanie), marquées par des coups d’État, des régimes autoritaires et des conflits idéologiques, qui ont transformé l’UMA en un « corps en état de mort clinique ».
En conclusion, l’échec de l’Union du Maghreb arabe ne tient ni à des obstacles culturels, religieux ou identitaires, mais principalement à la responsabilité des élites dirigeantes, obsédées par la conservation du pouvoir et leur insertion dans l’ordre international dominant. Sans démocratie, institutions solides, participation citoyenne et rôle actif de la société civile, le projet maghrébin restera un slogan politique sans réalité concrète, malgré les espoirs nés des révolutions arabes.
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