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Sénégal : un durcissement controversé de la législation contre l’homosexualité

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a promulgué lundi une loi renforçant significativement les sanctions contre l’homosexualité, marquant un tournant dans la politique du pays à l’égard des minorités sexuelles. Ce texte, adopté le mois dernier par le Parlement avec un soutien quasi unanime, suscite déjà de vives réactions tant au niveau national qu’international.

La nouvelle législation double les peines encourues : les personnes reconnues coupables d’actes homosexuels risquent désormais entre cinq et dix ans de prison, contre un à cinq ans auparavant. Les amendes ont également été revues à la hausse, pouvant atteindre jusqu’à 10 millions de francs CFA (environ 17 600 dollars). Toutefois, l’infraction reste juridiquement qualifiée de délit et non de crime.

Lors des débats parlementaires, plusieurs ministres ont justifié ce durcissement en estimant que la loi en vigueur, datant de 1966, était devenue trop clémente. Le texte classe désormais l’homosexualité parmi les « actes contre nature », au même titre que la nécrophilie et la zoophilie, une assimilation dénoncée par les organisations de défense des droits humains.

La loi va plus loin en pénalisant également la « promotion » ou le « financement » de l’homosexualité, une disposition perçue comme visant directement les associations de soutien aux personnes LGBTQ+. Dans le même temps, elle prévoit des sanctions contre toute personne accusant autrui d’homosexualité sans preuve, une mesure présentée comme un garde-fou contre les dénonciations abusives.

Ce durcissement s’inscrit dans un contexte continental où plus de 30 pays sur 54 criminalisent les relations entre personnes de même sexe. Le Sénégal rejoint ainsi des États comme le Kenya, la Sierra Leone ou la Tanzanie, où les peines peuvent dépasser dix ans de prison. Dans d’autres pays, tels que la Somalie, l’Ouganda ou la Mauritanie, l’homosexualité peut même être passible de la peine de mort.

Avant le vote, des manifestations de soutien à la loi avaient été organisées par des groupes se réclamant de valeurs islamiques. Parallèlement, les forces de l’ordre ont mené des opérations ciblant des personnes soupçonnées d’homosexualité, procédant à plusieurs arrestations et contribuant à instaurer un climat de peur au sein de la communauté LGBTQ+.

Cette réforme concrétise une promesse de campagne du Premier ministre, qui avait déjà tenté, sans succès, de faire adopter un texte similaire lorsqu’il était dans l’opposition. Elle ouvre désormais un débat sur l’équilibre entre traditions, pressions sociales et respect des droits fondamentaux dans le pays.

Avec Associated Press

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