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Sahel–Maghreb : diplomatie mouvante et stratégies de contournement

L’Algérie renforce ses liens avec le Niger, notamment dans le secteur énergétique, tandis que ses relations avec le Mali se détériorent.

Les frontières politiques entre le Maghreb et le Sahel n’ont jamais été aussi perméables. Une série de coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, combinée à la recomposition des rapports de force internationaux, a profondément transformé les alliances régionales. Le rejet des partenaires traditionnels occidentaux au profit d’acteurs alternatifs, notamment la Russie, ne marque toutefois pas une rupture nette, mais l’émergence de stratégies de « hedging », fondées sur la diversification prudente des partenariats.

Dans ce contexte instable, les pays du Sahel et du Maghreb ajustent leurs positions afin de limiter les risques politiques, économiques et sécuritaires. Les juntes sahéliennes privilégient la survie des régimes et la souveraineté nationale, tout en maintenant des liens économiques essentiels, notamment via l’UEMOA. De leur côté, l’Algérie et le Maroc projettent leur rivalité – notamment autour du Sahara occidental – vers le Sahel, en multipliant initiatives diplomatiques, projets énergétiques et investissements stratégiques.

L’Algérie renforce ses liens avec le Niger, notamment dans le secteur énergétique, tandis que ses relations avec le Mali se détériorent. Le Maroc, plus présent sur le terrain du commerce, de la formation et des infrastructures, mise sur des projets structurants comme le gazoduc atlantique Nigeria–Maroc pour accroître son influence régionale. La Mauritanie, quant à elle, adopte une posture de neutralité active, coopérant avec Rabat comme avec Alger.

Ces dynamiques traduisent une région où coopération et compétition s’entremêlent, et où l’accès aux ports, aux routes commerciales et aux infrastructures devient un enjeu central, en particulier pour les États sahéliens enclavés.

Face à cette recomposition, l’Union européenne est appelée à revoir son approche. Le rapport plaide pour une diplomatie plus pragmatique et flexible, fondée sur des partenariats ciblés, la clarté des intérêts et la reconnaissance des stratégies de contournement adoptées par les États de la région, plutôt que sur des cadres rigides d’alliances traditionnelles.

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