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Le conflit du Sahara Occidental a ajouté des tensions injustifiées aux relations entre les pays du Maghreb arabe en particulier, et au travail arabe commun en général.
La résolution du Conseil de sécurité des Nations unies n° 2797 a ouvert la voie à de nouvelles équations dans le Grand Maghreb arabe, dans l’attente de la mise en œuvre de ses dispositions à travers des accords préservant la dignité de tous, sans vainqueur ni vaincu, comme l’a souligné le roi Mohammed VI dans son discours global prononcé dans la soirée du 31 octobre, après l’adoption de la résolution qui a reconnu au Royaume du Maroc la souveraineté sur l’ensemble des territoires du Sahara occidental et l’a invité à appliquer un régime d’autonomie dans ces régions.
La crise du Sahara a, durant les cinquante années qui ont suivi le retrait de la colonisation espagnole du Sahara marocain, gravement tendu les relations entre les États du Maghreb arabe, notamment entre les deux pays voisins, l’Algérie et le Maroc, jusqu’à atteindre une rupture toujours en vigueur. Ce différend a également avorté l’élan de l’Union du Maghreb arabe, fondée avec un enthousiasme marqué en 1989. La position de l’Algérie, qui s’est abstenue lors du vote au Conseil de sécurité, n’est pas négative au regard de la complexité antérieure du dossier, et pourrait ouvrir la porte à des compromis souhaités.
Le discours positif du roi Mohammed VI pourrait ouvrir la voie à un règlement du différend avec l’Algérie. Il y a affirmé les relations fraternelles entre les deux pays et souligné son approche fondée sur l’égalité et la tolérance envers toutes les composantes de la population des provinces du Sahara, y compris les habitants de Tindouf en Algérie, dont certains avaient une autre vision de la solution. Selon le souverain, les divergences appartiennent désormais au passé, les Marocains forment un seul peuple, et il n’existe aucune intention de demander des comptes à ceux qui avaient exprimé un point de vue différent sur le conflit.
Les nouvelles considérations internationales ont joué un rôle majeur dans l’aboutissement de la solution, comme le reflète la résolution du Conseil de sécurité. Toute opposition de l’un des cinq membres permanents aurait pu faire échouer l’initiative, comme cela s’est produit à plusieurs reprises auparavant. Ces considérations reposaient sur des bases objectives, mais aussi sur la volonté de tarir certaines sources de tension à travers le monde. Les conflits régionaux provoquent souvent des guerres de grande ampleur, et il semble que les grandes puissances, soutenues par une forte volonté arabe et africaine, soient désormais pleinement conscientes des enjeux du dossier et convaincues de la nécessité d’y mettre un terme.
Les pays européens, en particulier la France et l’Espagne, ont joué un rôle essentiel dans l’aboutissement du résultat annoncé. De même, les États-Unis d’Amérique, en coordination non déclarée avec la Russie et la Chine, ont facilité la mission du Conseil de sécurité. Il apparaît clairement que l’organisation des divergences entre ces grandes puissances en Afrique sert l’intérêt général, aucune d’entre elles ne souhaitant créer de nouveaux foyers de crise sur le continent, surtout au vu de la situation dans plusieurs régions, notamment les exactions commises par des groupes extrémistes au Nigeria. Celles-ci ont conduit l’ancien président américain Donald Trump à adresser un avertissement sévère à ces groupes afin qu’ils cessent les meurtres et les enlèvements, faute de quoi les États-Unis seraient contraints d’intervenir militairement pour stopper ces dérives menaçant la stabilité générale.
Quoi qu’il en soit, une nette détente a suivi l’adoption de la résolution onusienne. Les partis politiques marocains, qui s’en sont félicités, ont unanimement exprimé l’espoir qu’elle conduise à un règlement de l’ensemble des différends régionaux, en particulier entre les pays du Maghreb arabe, que les relations politiques retrouvent leur caractère fraternel, et que les échanges commerciaux intrarégionaux connaissent un essor significatif au bénéfice de tous. La région du Maghreb dispose en effet de multiples et vastes domaines de coopération arabe commune, qui nécessitent aujourd’hui plus que jamais une relance dynamique.
L’un des effets majeurs attendus de la résolution onusienne sur la crise du Sahara réside dans ses répercussions positives sur le travail arabe commun, lequel a souvent été affecté par les tensions entourant ce dossier. Plusieurs États membres de la Ligue arabe se trouvaient dans une position embarrassante en raison des divergences existantes. L’opinion publique arabe aspire désormais à un rôle plus actif de la Ligue afin d’accélérer la mise en œuvre des dispositions de la résolution, l’application du régime d’autonomie dans les territoires concernés, sans obstacles majeurs, y compris l’aide à ceux qui souhaitent revenir de Tindouf.
La question centrale qui se pose aujourd’hui dans les milieux arabes concernés est la suivante : le règlement de la crise du Sahara conduira-t-il à la relance effective de l’Union du Grand Maghreb arabe ?
Naturellement, de nombreux obstacles à la marche de l’Union seraient levés, et la crise politique en Libye ne constituerait plus un frein à cette dynamique. Au contraire, l’activation du travail commun maghrébin pourrait contribuer à trouver une solution au conflit libyen.
Les observateurs se tournent désormais vers la position algérienne. Les attentes indiquent que le président Abdelmadjid Tebboune adoptera une attitude positive face à la nouvelle situation et ne négligera pas l’initiative sincère lancée par le roi Mohammed VI. Tebboune est en effet connu pour son attachement au travail commun et pour son engagement arabe reconnu.

