Par Abdalla Nouri
Washington a organisé, au siège de son ambassade à Madrid, une réunion réunissant des délégations du Maroc et du Front Polisario, ainsi que de l’Algérie et de la Mauritanie, afin de discuter du plan marocain « d’autonomie », largement soutenu par la communauté internationale comme solution au conflit du Sahara occidental.
Des discussions non annoncées se sont tenues dans la capitale espagnole, dimanche (8 février 2026), à l’initiative des États-Unis, sous l’égide des Nations unies, au siège de l’ambassade américaine à Madrid, pour examiner l’évolution du dossier du Sahara occidental.
Selon des rapports médiatiques concordants, outre les délégations du Maroc et du Front Polisario, une délégation algérienne et une délégation mauritanienne ont participé à la réunion, en plus de l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura. La partie américaine était représentée par l’envoyé du président américain pour le Moyen-Orient et son gendre, Massaad Boulos, ainsi que par l’ambassadeur de Washington auprès des Nations unies, Mike Waltz.
Un plan de quarante pages
La réunion intervient environ une semaine après la visite en Algérie du conseiller du président américain Donald Trump, Massad Boulos, qui y a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune et plusieurs responsables algériens.
Selon les sources, le Maroc a présenté, lors de la réunion, un document de quarante pages comprenant une présentation technique du plan d’autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine. Ce plan a bénéficié d’un large soutien international, notamment après son aval par le Conseil de sécurité à la fin du mois d’octobre dernier.
Reconnaissance algérienne ?
Au cours de la réunion, plusieurs sites marocains ont indiqué que le Maroc avait « présenté » une note technique exposant sa vision du plan d’autonomie. Le site « Ya Biladi », dans son édition française, a pour sa part affirmé, en se référant à des sources qu’il décrit comme informées sans les nommer, que la délégation américaine, dirigée par Massad Boulos et Mike Waltz, aurait « réussi » à obtenir la reconnaissance par toutes les parties du document technique marocain, y compris l’Algérie et le Front Polisario, qui s’accrochent au référendum comme « solution unique au conflit ». Toutefois, aucune des parties participantes n’a officiellement confirmé ou démenti cette information.
Le site marocain ajoute que les quatre parties se sont accordées sur la création d’un « comité technique permanent », composé d’experts juridiques du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie, sous une supervision conjointe onusienne et américaine. Sa mission sera « d’étudier les mécanismes pratiques de mise en œuvre de l’autonomie au Sahara, notamment en ce qui concerne la fiscalité, le système judiciaire et la sécurité locale ».
La même source poursuit en indiquant que la délégation américaine aurait également « réussi » à convaincre les parties participantes de fixer la date d’une prochaine réunion en mai prochain à Washington, dans le but de signer un « accord-cadre politique » visant à mettre fin à un conflit considéré comme le plus long du continent africain.
Divergences d’appréciation
Alors que la presse marocaine a salué ce qui a été « accompli » lors de cette réunion, la qualifiant de nouveau « succès » de la diplomatie marocaine, la presse algérienne a mis en doute ses résultats. Elle estime que le plan présenté « n’a pas fait l’unanimité », y compris auprès des « représentants américains eux-mêmes », selon le site algérien francophone « La Patrie News ». L’Algérie considère le plan marocain comme « insuffisant », car il nécessiterait une réforme « constitutionnelle dans un État fortement centralisé », comme le rapportent des sites réputés proches des cercles décisionnels algériens.
Il convient de rappeler que le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est au cœur d’un conflit depuis un demi-siècle entre Rabat et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie.
Le 31 octobre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté un texte proposé par les États-Unis à la majorité de 11 voix pour, sans aucune voix contre et avec trois abstentions, soutenant le plan d’autonomie présenté par Rabat en 2007.
Par ailleurs, l’envoyé américain Massad Boulos avait déclaré précédemment que la résolution du conflit du Sahara occidental constituait une « priorité absolue » pour l’administration du président Trump.
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