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Sahara occidental : règlement juridique ou solution politique ?

L'ordre mondial sioniste veut présenter la Résolution 2797 (2025) de l'ONU comme une « victoire diplomatique historique » pour le Maroc pour redonner une légitimité à une monarchie vacillante.

Par Abdelhamid Othmani

À la lumière des rumeurs concernant un projet de résolution américain au sein du Conseil de sécurité portant sur la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental — prévu pour être présenté à la fin de ce mois afin de conférer une légitimité caduque à la thèse de l’autonomie — l’instance onusienne semble s’orienter vers une dérive totale par rapport à ses chartes fondatrices et ses résolutions historiques concernant le conflit sahraoui.

Le statut juridique originel du Sahara occidental est celui d’un territoire occupé par le Maroc, classé sous le Chapitre VII relatif aux questions de décolonisation. Tandis que son peuple libre s’attache à l’exercice de son droit à l’autodétermination, l’avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) a tranché, il y a un demi-siècle, qu’« aucun lien de souveraineté territoriale n’a été établi entre le territoire du Sahara occidental et le Royaume du Maroc ».

En 1975, la Cour internationale n’a trouvé dans son prononcé aucun « lien juridique de nature à affecter l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la décolonisation du Sahara occidental et, en particulier, du principe de l’autodétermination par l’expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire ».

Malgré cette légitimité limpide de la cause sahraouie, l’organisation onusienne est restée partiale et réticente à rendre justice aux Sahraouis dans la construction de leur État indépendant, sous l’effet de la conspiration espagnole à l’époque du dictateur Francisco Franco, puis de l’influence américano-française et du soutien sioniste au sein du Conseil de sécurité.

Si l’on remonte 34 ans en arrière pour examiner le plan de paix parrainé par l’ONU et l’Union africaine en 1991 — où un cessez-le-feu fut conclu entre les deux parties en échange de l’organisation d’un référendum d’autodétermination entre l’indépendance ou l’intégration au Maroc — on s’aperçoit que l’intervention du Conseil de sécurité, sous couvert de « plan de règlement », n’est intervenue que pour mettre fin à la guerre pour un Royaume militairement épuisé et lui sauver la face devant la défaite.

En effet, de cette résolution, seul le cessez-le-feu a été concrètement appliqué. La mission de la MINURSO a été créée pour organiser le référendum dans la zone contestée, puis prorogée chaque année, sans qu’elle n’ait rien accompli à ce jour en raison des obstacles marocains et des alliés coloniaux internationaux.

Depuis le début du deuxième millénaire, les résolutions du Conseil de sécurité ont glissé progressivement vers un dérapage juridique et des tentatives de dilution du principe d’autodétermination, pourtant ancré dans le droit international. On mise sur le renouvellement indéfini du mandat de la MINURSO pour gagner du temps et attendre une opportunité favorable pour imposer le fait accompli aux Sahraouis, selon un rapport de force déséquilibré.

Entre-temps, les délibérations du Conseil de sécurité ont oscillé entre le référendum, puis la « troisième solution » ou « l’accord-cadre », et plus récemment, les propositions onusiennes appelant à privilégier le règlement politique sur l’autodétermination. Nous atteignons aujourd’hui le stade final de la manœuvre avec la tentative américaine d’imposer « l’autonomie » sous le couvert d’une solution politique.

Cependant, la démarche américaine (sioniste en coulisses), en plus d’être nulle et non avenue au regard du droit international et des résolutions de l’Union africaine, propose une solution vouée à l’échec. La question du Sahara occidental est une cause juste qui ne souffre d’aucun compromis : il n’y a pas d’alternative au règlement juridique si ce n’est le retrait du colonisateur d’un territoire occupé par la force.

Malgré toutes les pressions exercées par les Américains et les parrains sionistes du trône alaouite, dans un contexte d’explosion politique et sociale à l’intérieur du Royaume, ces « victoires de papier » ne changeront rien à la réalité du terrain. Elles ne pourront, en aucun cas, inverser le cours de l’histoire, car le colonialisme est une page noire et obsolète.

Il est clair que la tentative de faire passer cette thèse illégale en ce moment précis est une démarche désespérée pour évacuer les tensions internes volcaniques qui secouent le pays, exacerbées par l’alignement honteux sur l’entité sioniste en pleine agression barbare contre Gaza, ainsi que par la pauvreté, le chômage et la corruption.

L’ordre mondial sioniste veut présenter la future résolution de l’ONU comme une « victoire diplomatique historique » pour redonner une légitimité à une monarchie vacillante. Ce que le régime du Makhzen cache à son peuple, c’est que le soutien de Washington n’est qu’un chantage douloureux pour pousser le Maroc plus loin dans le giron sioniste, passant d’un État normalisé à une sionisation globale (culturelle, militaire et éducative).

Enfin, il est aujourd’hui impératif pour la direction du Front Polisario de réévaluer le temps consommé dans le processus onusien depuis l’accord du 6 septembre 1991, afin de formuler une vision révolutionnaire rénovée capable de faire revivre la cause.

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