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Sahara occidental : la résolution 2797 marque un tournant diplomatique

Le basculement diplomatique s’est accéléré en décembre 2020 lorsque le président américain Donald Trump reconnut la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

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Sahara occidental : la résolution 2797 marque un tournant diplomatique

Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2797, avec 11 voix pour et trois abstentions. Cette décision constitue un changement notable dans le positionnement international sur le conflit du Sahara occidental. Tout en prolongeant le mandat de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental), le texte décrit « une autonomie véritable sous souveraineté marocaine » comme étant potentiellement « la solution la plus réaliste ».

La résolution fait explicitement référence à six reprises à la proposition marocaine d’autonomie présentée en 2007. Celle-ci prévoit d’accorder aux Sahraouis une large autonomie dans la gestion des affaires locales, tout en maintenant la défense, la politique étrangère et la sécurité nationale sous contrôle marocain. Ce cadrage établit désormais une base structurante pour de futures négociations.

Un conflit hérité de la décolonisation

Le différend remonte au retrait de l’Espagne en 1975 de son ancienne colonie, le Sahara espagnol. Le territoire fut initialement partagé entre le Maroc et la Mauritanie. Après le retrait mauritanien en 1979, le Maroc revendiqua l’ensemble de la région. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie et porteur des aspirations indépendantistes sahraouies, engagea un conflit armé contre Rabat jusqu’au cessez-le-feu négocié par l’ONU en 1991.

Ce cessez-le-feu prévoyait l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Toutefois, des désaccords persistants sur l’éligibilité des électeurs ont empêché sa tenue pendant plus de trois décennies. Aujourd’hui, le Maroc contrôle environ 80 % du territoire, séparé des zones tenues par le Polisario par un mur fortifié, tandis que des dizaines de milliers de réfugiés sahraouis vivent dans des camps en Algérie.

Repositionnement des grandes puissances

Le basculement diplomatique s’est accéléré en décembre 2020 lorsque le président américain Donald Trump reconnut la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Après son retour à la Maison-Blanche en 2025, il réaffirma cette position, qualifiant le plan d’autonomie marocain de « seule base d’une solution juste et durable ».

Plusieurs pays européens ont suivi une trajectoire similaire. En mars 2022, l’Espagne soutint l’initiative marocaine, la décrivant comme « la base la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le conflit — un revirement significatif compte tenu de son passé colonial dans la région.

La position française, en raison de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité, a eu un impact particulier. En juillet 2024, le président Emmanuel Macron déclara que « le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ». Cette orientation fut réitérée lors de sa visite d’État au Maroc en octobre 2024. La France alla jusqu’à actualiser ses cartes officielles en conséquence.

Dynamiques africaines

Sur le continent africain, près de 40 % des États membres de l’Union africaine ont ouvert des consulats à Laâyoune ou Dakhla. Ce geste est largement interprété comme une reconnaissance implicite de la souveraineté marocaine. Ces villes deviennent progressivement des pôles diplomatiques et économiques dans le cadre de la stratégie africaine du Maroc.

Plusieurs pays africains y ont organisé des réunions bilatérales et signé des accords dans des domaines tels que l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et le commerce. Ces initiatives reflètent à la fois des calculs politiques et des intérêts économiques, notamment pour les États du Sahel cherchant un accès à l’Atlantique.

L’autonomie marocaine : ambitions et interrogations

Le plan marocain de 2007 propose une autonomie étendue : institutions législatives, exécutives et judiciaires locales, gestion budgétaire et contrôle des ressources naturelles. Comparativement à d’autres modèles d’autonomie dans le monde, ce dispositif représente une dévolution significative.

Cependant, des incertitudes persistent quant aux mécanismes de mise en œuvre, au degré de supervision internationale et à l’indépendance réelle des institutions locales vis-à-vis du pouvoir central.

Le Front Polisario continue, pour sa part, de défendre l’option référendaire incluant l’indépendance. Cette perspective se heurte à des obstacles pratiques majeurs : définition du corps électoral, statut des populations installées après 1975, et critères d’identité sahraouie. Notamment, le Conseil de sécurité ne mentionne plus explicitement le référendum depuis 2001, suggérant un affaiblissement du soutien international à cette option.

Tensions régionales et enjeux des droits humains

L’Algérie a réagi fermement aux évolutions diplomatiques récentes. Elle retira son ambassadeur de France après la déclaration de Macron en 2024 et exprima son opposition à la résolution 2797. Cette posture s’inscrit dans une rivalité géopolitique plus large avec le Maroc.

Les camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie, restent sous administration conjointe algéro-polisarienne, avec un accès international limité et des interrogations récurrentes sur les conditions humanitaires. Par ailleurs, des critiques continuent de viser la situation des droits humains dans les zones sous contrôle marocain, notamment en matière de libertés de la presse et d’activisme politique.

Vers une résolution du conflit ?

La résolution 2797 prévoit un examen stratégique dans un délai de six mois, signe que l’approche internationale demeure évolutive. En désignant explicitement la proposition marocaine comme base de négociation, le Conseil de sécurité réduit de facto l’éventail des options diplomatiques.

Ce tournant pourrait ouvrir la voie à une sortie de crise après plus de trente ans de statu quo. Reste une interrogation centrale : cette dynamique débouchera-t-elle sur une autonomie substantielle pour les Sahraouis ou sur une consolidation de la souveraineté marocaine avec une autonomie limitée ?

L’issue dépendra largement des modalités concrètes d’application, des mécanismes de suivi international et de la volonté politique d’assurer une véritable dévolution du pouvoir.

Source : London School of Economics and Political Science

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