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Maroc : un rappeur condamné à huit mois de prison pour ses textes critiques

La justice marocaine a condamné ce mois-ci le jeune rappeur Souhaib Qabli, connu sous le nom de scène L7ASSAL, à huit mois de prison ferme assortis d’une amende de 1.000 dirhams (environ 92 euros). Âgé de 20 ans, l’artiste a été reconnu coupable d’« outrage à une institution constitutionnelle » et de « diffusion de fausses allégations », en lien direct avec le contenu de ses chansons.

Dans ses morceaux, le rappeur dénonçait notamment la corruption et les inégalités sociales au Maroc, mais aussi la normalisation des relations entre le royaume et Israël. L’un de ses titres évoquait explicitement l’arrivée de navires transportant des armes dans des ports marocains, destinées selon lui aux territoires palestiniens, en pleine guerre à Gaza.

Cette condamnation s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour de la liberté d’expression artistique dans le pays. Depuis l’automne 2025, Souhaib Qabli est le troisième rappeur à être arrêté en raison du contenu de ses textes, illustrant une surveillance accrue des voix critiques, en particulier parmi la jeunesse.

Parallèlement, le Maroc a renforcé ces dernières années ses liens diplomatiques, commerciaux et militaires avec Israël, depuis la reprise officielle de leurs relations en décembre 2020 dans le cadre des Accords d’Abraham, soutenus par l’administration de Donald Trump.

Alors que ces partenariats stratégiques se développent, notamment dans les domaines sécuritaire et du renseignement, les critiques internes — qu’elles proviennent d’artistes, de militants ou de citoyens — semblent de plus en plus exposées à des poursuites judiciaires. Cette affaire relance ainsi le débat sur l’équilibre entre sécurité nationale, diplomatie et liberté d’expression au Maroc.

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