L’image du Maroc aux Etats-Unis, la question du Sahara Occidental ainsi que la propagande contre l’Algérie étaient les principaux aux de l’action de lpobbying.
Les registres officiels américains et des enquêtes de presse spécialisée révèlent l’existence d’un dispositif de lobbying marocain structuré opérant à Washington depuis plusieurs années. Les documents issus de la loi sur l’enregistrement des agents étrangers (FARA) indiquent notamment des contrats de plusieurs centaines de milliers de dollars conclus avec des cabinets influents, ainsi qu’une rencontre déclarée entre un sous-traitant travaillant pour Rabat et le sénateur républicain Ted Cruz en 2019.
Des contrats conséquents déclarés au titre du FARA
Selon les déclarations déposées auprès du ministère de la Justice des États-Unis, le Maroc a engagé dès janvier 2018 la société JPC Strategies afin de défendre ses intérêts auprès des institutions américaines.
Les registres montrent que pour la seule année 2018, la valeur des contrats avoisinait 900 000 dollars. Le cabinet était chargé de coordonner des actions de communication vers le Congrès, l’administration fédérale et les médias.
L’attention portée à cette société tient aussi au parcours de son fondateur, James Christoferson, ancien directeur adjoint de cabinet du sénateur Ted Cruz au Sénat. Une expérience qui, selon plusieurs médias spécialisés, éclaire les canaux d’accès indirects dont peut bénéficier un client étranger dans la capitale fédérale.
Une rencontre officiellement déclarée
Parmi les éléments notables figure une réunion consignée dans les registres FARA. La société Neale Creek, présentée comme sous-traitant intervenant pour le compte du Maroc via JPC Strategies, a déclaré avoir rencontré Ted Cruz le 23 septembre 2019.
Cette mention revêt un caractère particulier : les déclarations FARA sont juridiquement contraignantes et toute information inexacte expose leurs auteurs à des sanctions pénales.
Un écosystème de cabinets mobilisés
Les documents et analyses médiatiques font également état d’une pluralité d’acteurs impliqués dans la promotion des positions marocaines :
- ThirdCircle : 240 000 dollars en 2018 et 244 000 dollars sur une période de six mois entre 2019 et 2020
- Glover Park Group : sous-traitant via JPC Strategies pour un contrat annuel de 120 000 dollars
- SGR Government Relations & Lobbying : 180 000 dollars en 2018 et un contrat additionnel de 90 000 dollars entre 2019 et 2020
- Iron Bridge Strategies : 240 000 dollars en 2018
Les déclarations indiquent que ces cabinets ont organisé des échanges avec des membres du Congrès, des collaborateurs parlementaires et des journalistes.
Le dossier du Sahara occidental au cœur des efforts
Les activités décrites s’inscrivent dans un contexte diplomatique marqué par les débats autour du Sahara occidental, un territoire disputé opposant le Maroc au Front Polisario. À Washington, où s’entrecroisent intérêts géopolitiques et économiques, les groupes de pression jouent un rôle clé dans l’orientation des discussions politiques et budgétaires.
Ces révélations issues des registres FARA illustrent, une nouvelle fois, la place centrale du lobbying étranger dans la vie institutionnelle américaine — un phénomène légal mais étroitement encadré par des obligations de transparence.
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