La CAN 2025 restera dans les mémoires comme un tournoi intense, spectaculaire et disputé jusqu’au bout. Mais au-delà du sacre du Sénégal, ce sont surtout les nombreuses controverses arbitrales qui ont marqué la compétition, au point d’éclipser parfois le jeu lui-même.
Dès les matches d’ouverture, les décisions des arbitres ont suscité incompréhensions et critiques répétées. Au fil des rencontres, la frustration s’est accumulée chez les joueurs, les staffs techniques et les supporters, jusqu’à atteindre son paroxysme lors de la finale.
Une finale sous haute tension
Le point de rupture est survenu dans les dernières secondes de la finale entre le Sénégal et le Maroc. À la sixième minute du temps additionnel, l’arbitre accorde un penalty controversé au Maroc. Une décision qui provoque une explosion de colère rarement vue sur la plus grande scène du football africain.
Les bancs de touche se vident, des joueurs s’en prennent aux officiels et des scènes de chaos éclatent dans les tribunes. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des membres du groupe de supporters sénégalais Gaindé franchissant les barrières du stade pour tenter de rejoindre la pelouse. Les stadiers, puis la police antiémeute, doivent intervenir pour contenir la foule, tandis que des projectiles sont lancés sur le terrain. L’ordre ne sera rétabli qu’après l’évacuation de plusieurs supporters.
Des contestations multiples
Les incidents de la finale ne constituent pourtant pas un cas isolé. La veille déjà, la Fédération algérienne de football (FAF) avait déposé une plainte officielle auprès de la Confédération africaine de football (CAF) après l’élimination de l’Algérie en quarts de finale face au Nigeria (0-2).
La FAF a dénoncé la prestation de l’arbitre sénégalais Issa Sy, jugée « partiale ». Dans un communiqué sévère, l’instance algérienne a estimé que certaines décisions avaient « porté atteinte à la crédibilité de l’arbitrage africain » et nui à l’image du football continental sur la scène internationale.
À l’issue de la rencontre, l’arbitre et ses assistants ont dû être escortés par la sécurité, tandis que des joueurs algériens tentaient de s’approcher de l’équipe arbitrale pour exprimer leur colère. La CAF a confirmé que les incidents avaient été transmis à sa Commission de discipline pour enquête.
Un malaise généralisé
D’autres sélections ont également exprimé leur mécontentement au cours du tournoi. Le Mali et le Cameroun ont publiquement critiqué des décisions jugées incohérentes, tandis que la Fédération malienne a fait appel pour obtenir une réduction de la suspension d’Amadou Haïdara, expulsé face aux Comores lors de la phase de groupes.
Le Nigeria, battu en demi-finale par le pays hôte, le Maroc, s’est montré particulièrement virulent. Supporters et observateurs ont évoqué la présence d’un « 13e joueur » sur le terrain. Les joueurs nigérians, eux, n’ont pas mâché leurs mots.
« L’arbitre a été catastrophique. Je ne dis pas que c’est la raison de notre défaite, mais il a pris de très mauvaises décisions », a déclaré le défenseur Bright Osayi-Samuel. L’attaquant Victor Osimhen a, de son côté, qualifié l’arbitrage de « rien de mémorable ». La prestation de l’arbitre ghanéen Daniel Nii Laryea a été particulièrement critiquée après un avertissement controversé infligé à Calvin Bassey.
La CAF tente d’éteindre l’incendie
Face à l’ampleur de la polémique, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a pris la parole pour calmer les tensions. Il a rappelé que les arbitres et les officiels VAR avaient été sensibilisés avant le tournoi à la nécessité d’arbitrer « avec intégrité, impartialité et indépendance ».
Reconnaissant les interrogations du public, Motsepe a assuré que la CAF restait attentive aux critiques formulées. Dans un communiqué publié après la finale, l’instance continentale a de nouveau condamné les comportements jugés inacceptables et annoncé l’examen de toutes les images disponibles, promettant des sanctions à l’encontre des personnes reconnues coupables.
Si le Sénégal repart avec le trophée, la CAN 2025 se conclut donc sur une question majeure : comment restaurer la confiance dans l’arbitrage africain, afin que le football, et non le sifflet, redevienne le véritable centre de l’attention.
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