Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch a confirmé samedi qu’il ne se représenterait pas à la présidence de son parti, s’écartant ainsi de facto de la direction du gouvernement après les élections législatives. Mohamed Chouki a été élu nouveau président du Rassemblement national des indépendants (RNI) au milieu de manifestations de jeunes. Malgré les critiques liées à des conflits d’intérêts, Akhannouch défend vigoureusement son bilan économique.
Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch a confirmé samedi qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la tête de son parti, ce qui l’éloigne concrètement de la présidence du gouvernement après les élections législatives prévues à l’automne.
L’annonce a été faite lors du congrès de son parti, le Rassemblement national des indépendants, dans la ville côtière d’El Jadida, située à 190 kilomètres au sud de la capitale Rabat.
Akhannouch a déclaré : « Devant vous aujourd’hui, je confirme que la décision de ne pas briguer un troisième mandat (à la tête du parti) était une décision sérieuse et mûrement réfléchie », indiquant sa volonté de respecter la règle interne limitant à deux le nombre de mandats consécutifs à la tête du parti.
Plus tard samedi, le Rassemblement national des indépendants a élu Mohamed Chouki à la présidence du parti. Peu connu du grand public, il est député et directeur général de la société marocaine de financement « AD Capital », selon le site local Media 24.
Pressions de la jeunesse et critiques liées aux conflits d’intérêts
Le Maroc est une monarchie constitutionnelle dans laquelle le gouvernement dispose de larges prérogatives, mais c’est le roi Mohammed VI qui fixe les grandes orientations stratégiques du pays.
Aziz Akhannouch, riche homme d’affaires de 64 ans à la tête du gouvernement depuis 2021, a fait l’objet d’appels à la démission de la part du groupe « Génération Z 212 », qui a organisé d’importantes manifestations de jeunes entre fin septembre et octobre pour réclamer des améliorations dans les services de santé publique et d’éducation. Le gouvernement avait annoncé une augmentation des crédits alloués à ces deux secteurs dans le budget 2026.
Akhannouch défend son bilan à la tête du gouvernement, mettant en avant la reprise économique ayant suivi la pandémie de Covid-19, le lancement de programmes sociaux, notamment l’élargissement de la couverture médicale et l’octroi d’aides directes aux familles modestes, ainsi que la réalisation d’une croissance stable malgré une longue période de sécheresse.
Son mandat a toutefois été marqué par des critiques concernant des conflits d’intérêts liés à ses activités dans le secteur des hydrocarbures : il est propriétaire du groupe Afriquia, qui exploite d’importants réseaux de stations-service dans le pays, ainsi que par une communication jugée limitée avec les citoyens.
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