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L’Algérie dépense en armes, mais le Maroc suscite plus d’inquiétudes

Selon le rapport, le changement le plus marquant réside dans la reprise des relations officielles entre le Maroc et Israël en 2020, faisant de Tel-Aviv le troisième fournisseur d’armes du Royaume.

Rapport français : bien que l’Algérie dépense le double en armement… c’est le Maroc qui suscite le plus d’inquiétudes dans la région en raison de la montée de ses capacités militaires

Le quotidien français Le Monde a rapporté que la montée en puissance des capacités militaires du Maroc suscite des inquiétudes croissantes dans son environnement régional, et ce malgré le fait que le budget de défense algérien soit près du double de celui du Maroc, dans un contexte de course aux armements continue entre les deux voisins dans la région du Maghreb et du sud de l’Europe.

Le journal français ajoute, dans un rapport consacré au conflit maroco-algérien et à ses répercussions sur l’environnement régional, que l’Algérie a consacré plus de 40 milliards d’euros à la défense en 2026, contre près de 20 milliards d’euros pour le Maroc, ce qui fait des deux pays les détenteurs des budgets militaires les plus élevés du continent africain au cours de la même année.

La question ne se limite pas au volume des budgets. Le rapport souligne que les deux pays sont de loin les plus grands importateurs d’armes en Afrique, puisqu’ils ont représenté 87 % de l’ensemble des achats d’armements en Afrique du Nord entre 2020 et 2024, selon les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

La même source ajoute que le rythme des acquisitions d’armes ne s’est pas ralenti ces derniers mois, mais s’est au contraire accéléré, à travers des annonces officielles et non officielles de nouveaux contrats portant sur des équipements offensifs et défensifs des deux côtés. En Algérie, ces contrats incluent la réception d’avions de chasse furtifs de type « Su-35 » et « Su-57 », l’acquisition de missiles « Iskander-M », ainsi que la modernisation des systèmes radar « S-350 » et « S-400 », tous de fabrication russe.

De son côté, le Maroc a renforcé son arsenal, selon Le Monde, par le déploiement de lance-roquettes multiples américains « HIMARS », la réception de drones turcs « Bayraktar Akinci », ainsi que d’hélicoptères d’attaque américains « Apache ». Dans ce contexte, le journal cite la chercheuse à l’Institut du Moyen-Orient à Washington, Intissar Fakir, qui affirme que les deux pays, « bien qu’ils ne souhaitent pas la guerre, semblent se préparer au pire », en référence à l’augmentation des dépenses militaires parallèlement aux tensions politiques.

Des chercheurs européens, parmi lesquels Anthony Dworkin du Conseil européen des relations étrangères, estiment que la course aux armements entre l’Algérie et le Maroc est « sans équivoque », notamment en raison de la persistance du blocage diplomatique entre les deux pays depuis 2021 et de la fermeture des frontières communes depuis 1994 en raison du conflit du Sahara.

Le rapport souligne que la différence des fournisseurs d’armes reflète la divergence des visions géopolitiques entre les deux pays : l’Algérie s’appuie principalement sur la Russie et la Chine, tandis que le Maroc se tourne vers les États-Unis et la France, en tant qu’allié majeur non membre de l’OTAN.

Cependant, selon le rapport, le changement le plus marquant réside dans la reprise des relations officielles entre le Maroc et Israël en 2020, faisant de Tel-Aviv le troisième fournisseur d’armes du Royaume. Cette évolution a ajouté une nouvelle dimension aux équilibres de puissance dans la région. Parmi les manifestations les plus notables de cette coopération figurent le déploiement par le Maroc du système de défense aérienne israélien « Barak MX », l’acquisition de satellites « Ofek-13 », ainsi que de canons « Atmos 2000 », et l’annonce de la création d’une usine de production de drones d’attaque près de Casablanca.

Le Monde estime que ces évolutions constituent une « menace supplémentaire » du point de vue algérien, où la coopération militaire maroco-israélienne est perçue comme une provocation à la fois idéologique et militaire, notamment en raison de l’avantage technologique relatif qu’apporte la technologie israélienne.

Enfin, Le Monde souligne que cette modernisation ne signifie pas un renversement de l’équilibre des forces en faveur de Rabat, l’Algérie conservant un avantage en termes de volume budgétaire et de dépenses militaires globales. Néanmoins, le Maroc demeure le pays le plus préoccupant en raison de la montée de ses capacités militaires, combinée à une politique étrangère plus ambitieuse. Cette inquiétude est partagée par plusieurs capitales européennes, et pas seulement par l’Algérie, parmi lesquelles l’Espagne.

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