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Iran, Gaza et Sahara occidental : un virage diplomatique controversé d’Alger

La question du Sahara occidental, traditionnellement centrale dans la diplomatie algérienne, semble également marquée par davantage de prudence.

Depuis quelques années, la diplomatie algérienne semble connaître un changement notable sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune. Selon l’analyse publiée par Le Matin d’Algérie, plusieurs positions récentes d’Alger sur des crises internationales marquent une rupture avec les « principes intangibles » qui ont longtemps caractérisé sa politique étrangère.

Un silence remarqué face au conflit avec l’Iran

Lorsque les États-Unis et Israël ont mené des frappes contre l’Iran, l’Algérie a adopté une attitude particulièrement discrète. Alors que des pays comme la Russie ou la Chine ont dénoncé ces attaques, Alger n’a pas condamné explicitement les opérations militaires visant Téhéran.

Au contraire, les autorités algériennes ont exprimé leur solidarité avec les monarchies du Golfe touchées par les ripostes iraniennes. Ce silence contraste avec la tradition diplomatique algérienne, historiquement marquée par la dénonciation de l’« impérialisme » et la défense de la souveraineté des États.

La recherche d’un rapprochement avec Washington

Pour certains observateurs, cette prudence s’explique par la volonté d’éviter toute tension avec les États-Unis, notamment depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine. L’ambassadeur algérien à Washington, Sabri Boukadoum, a d’ailleurs évoqué des possibilités de coopération « sans limite » entre les deux pays.

Ce positionnement est interprété par certains comme un tournant vers un pragmatisme diplomatique davantage orienté vers les équilibres géopolitiques actuels.

Le vote controversé sur Gaza

Le changement d’orientation s’est également illustré lors d’un vote au Conseil de sécurité concernant l’avenir de Bande de Gaza. L’Algérie a soutenu une résolution portée par les États-Unis évoquant notamment le désarmement des factions palestiniennes, dont Hamas.

Ce vote a suscité des critiques au sein de la classe politique algérienne, certains partis estimant qu’il s’éloigne de la tradition de soutien inconditionnel d’Alger à la cause palestinienne. Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a toutefois affirmé que la résolution ne remettait pas en cause la recherche d’une solution juste au conflit israélo-palestinien.

Une position prudente sur la Syrie

Un autre exemple de cette évolution concerne la Syrie. Longtemps favorable au retour de Bachar el‑Assad sur la scène régionale, Alger a adopté une attitude plus réservée après la chute de son régime. Les contacts officiels avec les nouvelles autorités syriennes n’ont repris que plus d’un an plus tard.

Le dossier du Sahara occidental

La question du Sahara occidental, traditionnellement centrale dans la diplomatie algérienne, semble également marquée par davantage de prudence. Bien que le soutien au droit à l’autodétermination reste officiel, certains observateurs estiment que le ton d’Alger face au soutien international au plan marocain s’est atténué.

Un pragmatisme diplomatique contesté

Au final, cette évolution est interprétée par certains analystes comme un passage d’une diplomatie tiers-mondiste et militante vers une approche plus pragmatique et stratégique. Pour ses critiques, cette inflexion serait avant tout dictée par la volonté de préserver les relations avec les grandes puissances, notamment les États-Unis.

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