Selon plusieurs sources proches du dossier, les raffineurs indiens ont commencé à régler leurs récents achats de pétrole iranien en yuans chinois, en passant par la banque privée ICICI Bank. Cette méthode de paiement inhabituelle intervient dans le cadre d’une dérogation temporaire accordée par les États-Unis sur les sanctions visant Téhéran.
Le mois dernier, Washington a mis en place des exemptions de 30 jours autorisant l’achat de pétrole iranien et russe en mer, dans un contexte de flambée des prix liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Mais cette fenêtre devrait se refermer rapidement : le secrétaire au Trésor américain a indiqué que ces dérogations ne seraient pas renouvelées, l’exception concernant l’Iran expirant dès ce week-end.
Des transactions complexes sous sanctions
Les sanctions de longue date contre l’Iran compliquent fortement les mécanismes de paiement, dissuadant certains acheteurs potentiels. Dans ce contexte, l’utilisation du yuan — via la branche de Shanghai d’ICICI — permettrait de contourner certaines contraintes liées au système financier dominé par le dollar.
Début avril, le géant public Indian Oil Corporation a acquis environ 2 millions de barils de brut iranien, une première depuis sept ans, pour une valeur estimée à 200 millions de dollars. De son côté, Reliance Industries, principal acteur privé du raffinage en Inde, a également reçu plusieurs cargaisons ces dernières semaines.
Selon les sources, les deux groupes règlent leurs transactions via ICICI Bank, qui transfère les fonds en yuans vers des comptes de vendeurs dont l’identité reste inconnue.
Des modalités de paiement inhabituelles
L’un des éléments marquants de ces transactions concerne le calendrier des paiements. Dans le cas de la cargaison achetée par Indian Oil, environ 95 % de la valeur aurait été réglée dès l’entrée du tanker dans les eaux indiennes, sur la base d’un « avis de disponibilité » du fournisseur — une pratique jugée atypique.
Habituellement, les raffineurs publics indiens effectuent leurs paiements à la livraison ou après déchargement, en particulier pour les cargaisons en provenance de pays sous sanctions occidentales.
Une stratégie pragmatique mais temporaire
L’Inde, qui avait cessé ses importations de pétrole iranien en 2019 sous pression américaine, avait jusque-là privilégié d’autres sources d’approvisionnement, notamment la Russie depuis 2022. Elle fait d’ailleurs partie des principaux acheteurs de brut russe, souvent réglé en monnaies alternatives comme le yuan.
Toutefois, cette reprise limitée des achats iraniens semble déjà toucher à sa fin : selon une source, Indian Oil ne prévoit pas de nouvelles acquisitions une fois la dérogation américaine expirée.
Depuis plusieurs années, les raffineurs indépendants chinois — surnommés « teapots » — restent les principaux clients du pétrole iranien, profitant de circuits financiers alternatifs pour contourner les sanctions internationales.
Avec Reuters
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