Gaza : le Maroc premier pays arabe à rejoindre la Force internationale de stabilisation

L'absence de représentation palestinienne directe au sein du Conseil de la Paix suscite des interrogations sur la légitimité et l'acceptation locale de cette mission

À la veille du sommet fondateur du Conseil de la Paix convoqué par le président américain Donald Trump à Washington, le Maroc rejoint l’Indonésie, l’Albanie et la Grèce au sein de la Force internationale de stabilisation (ISF) déployée dans la bande de Gaza. Une décision qui fait du Royaume la première nation arabe à intégrer cette mission.

C’est une annonce qui marque une étape cruciale dans la mise en œuvre de la « Phase II » du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Selon des informations concordantes de la presse internationale, le Maroc, l’Albanie et la Grèce doivent rejoindre l’Indonésie au sein de la Force internationale de stabilisation (ISF) déployée à Gaza .

Cette force multinationale, mandatée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, aura pour mission de superviser les lignes de cessez-le-feu actuelles et de gérer les questions liées aux frontières du territoire palestinien .

Un engagement marocain sous le sceau des Accords d’Abraham

En intégrant cette coalition, le Maroc devient le premier pays arabe à contribuer militairement à cette mission de paix. Cette participation s’inscrit dans le prolongement des Accords d’Abraham de 2020, par lesquels Rabat a normalisé ses relations avec Israël . Selon le média The Diplomatic Insight, le royaume est en « discussions avancées avec les États-Unis » concernant le nombre de soldats qui seront déployés . Le site d’information marocain HESPRESS précise que selon les derniers chiffres publiés par l’ONU (datés du 31 décembre 2025), le Maroc compte déjà 1 484 personnels (militaires, officiers d’état-major, policiers) susceptibles d’être mobilisés dans ce type d’opérations .

L’Indonésie, premier pays à avoir officialisé son engagement, a déjà prévu un déploiement massif. « L’Indonésie s’est engagée à fournir jusqu’à 8 000 soldats d’ici juin, avec une première vague de 1 000 militaires attendue dès avril », a précisé le porte-parole militaire indonésien, le général de brigade Donny Pramono, cité par The Diplomatic Insight. Il a tenu à souligner que cette mission, à vocation humanitaire et de maintien de la paix (incluant un soutien médical et du génie), « n’implique pas une normalisation des relations avec Israël » .

Le Conseil de la Paix, pierre angulaire du plan Trump

Ces annonces successives, intervenues en l’espace d’une semaine, créent un climat d’attente forte à l’approche de la réunion inaugurale du Conseil de la Paix (Board of Peace) , qui se tiendra le 19 février à Washington .

Ce sommet, présidé par Donald Trump, réunira des chefs d’État et des représentants de plus d’une vingtaine de nations . L’ordre du jour est double : formaliser les milliards de dollars d’aide promis pour la reconstruction de Gaza et finaliser les contours des contributions en troupes à l’ISF . Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, représentera le roi Mohammed VI à cette réunion, après que le Souverain a officiellement accepté l’invitation du président américain à rejoindre le Conseil en tant que membre fondateur .

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif est également attendu à cette réunion . Donald Trump a salué cette initiative comme offrant un « potentiel illimité » pour une paix durable dans la région .

Des défis logistiques et politiques de taille

Malgré l’élan diplomatique, la mise en place de cette force, qui constituerait la première présence militaire étrangère significative dans la bande de Gaza depuis 1967, se heurte à des défis majeurs.

Les observateurs pointent plusieurs zones d’ombre : la structure de commandement de la force n’est pas encore clairement définie. Surtout, l’absence de représentation palestinienne directe au sein du Conseil de la Paix suscite des interrogations sur la légitimité et l’acceptation locale de cette mission. Le rôle du Hamas, qui contrôle toujours une partie de la société civile et des rouages sécuritaires de l’enclave, reste également la grande inconnue de cette équation complexe.

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