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Diplomatie de l’influence : les Émirats arabes unis sous pression au Maghreb et au Moyen-Orient

Le rôle des EAU dans la guerre civile soudanaise est au cœur des tensions. Des rapports d'experts de l'ONU pointent l'existence de routes d'approvisionnement pour les Forces de soutien rapide (RSF) transitant par l'est de la Libye, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar, allié de longue date d'Abou Dabi.

Longtemps perçus comme l’architecte incontournable des équilibres régionaux, les Émirats arabes unis (EAU) traversent une zone de turbulences diplomatiques sans précédent. De la guerre au Soudan aux rivalités au Maghreb, la posture activiste d’Abou Dabi suscite une résistance croissante de la part de ses alliés traditionnels et de ses voisins.

Le Soudan et la Libye : un axe sous surveillance

Le rôle des EAU dans la guerre civile soudanaise est au cœur des tensions. Des rapports d’experts de l’ONU pointent l’existence de routes d’approvisionnement pour les Forces de soutien rapide (RSF) transitant par l’est de la Libye, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar, allié de longue date d’Abou Dabi.

Rupture de l’axe Riyad-Le Caire-Abou Dabi

L’alignement historique entre l’Égypte, l’Arabie saoudite et les EAU s’effrite face à des intérêts divergents :

  1. Le front soudanais : Pour Le Caire, la stabilité du Soudan est une question de sécurité nationale directe. Le soutien perçu des EAU aux RSF fragilise les initiatives de paix saoudiennes et égyptiennes.
  2. Le précédent yéménite : Au Yémen, l’Arabie saoudite a récemment agi pour limiter l’influence des alliés locaux d’Abou Dabi (le Conseil de transition du Sud), marquant une volonté claire de Riyad de contrer les ambitions de son voisin.
  3. Nouvelles alliances : L’Arabie saoudite négocierait actuellement un cadre de coopération militaire avec l’Égypte et la Somalie pour sécuriser la mer Rouge, un projet perçu comme une réponse directe à l’influence émiratie.

La crispation maghrébine : le cas algérien

Au Maghreb, les relations entre l’Algérie et les EAU ont atteint un point de rupture symbolique. Depuis 2024, Alger dénonce de manière à peine voilée des « actions hostiles » de la part d’Abou Dabi.

Une influence contestée, mais pas brisée

Si les EAU restent un acteur financier et militaire de premier plan, leur diplomatie « active » rencontre aujourd’hui un environnement beaucoup plus contesté. La multiplication des frictions suggère que les puissances régionales ne sont plus prêtes à accepter des interventions perçues comme déstabilisatrices pour leur propre sécurité.

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