Le juriste marocain Ahmed Raïssouni, ancien président de l’Union mondiale des oulémas musulmans, a annoncé dimanche son soutien à l’Iran à la suite de l’attaque militaire menée par les États-Unis et Israël. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook officielle, il affirme se tenir « aux côtés des opprimés » et condamne ce qu’il qualifie d’« agression ».
« Je suis avec l’Iran ; parce qu’ils sont musulmans et parce qu’ils sont opprimés », écrit-il, ajoutant : « Je suis contre les agresseurs criminels, contre leurs auxiliaires et les auxiliaires de leurs auxiliaires. Quel que soit l’opprimé, nous prions pour lui et pour ceux qui se tiennent à ses côtés. Et quel que soit l’oppresseur, nous invoquons contre lui et contre ceux qui le soutiennent. »
Un contexte régional explosif
La déclaration intervient après une vaste opération militaire conduite samedi 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Selon les informations relayées dans plusieurs médias régionaux, l’attaque aurait fait 201 morts, parmi lesquels le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, ainsi que des responsables sécuritaires. Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et des bases américaines dans la région.
Washington et Tel-Aviv accusent l’Iran de développer des programmes nucléaire et balistique susceptibles de menacer Israël et leurs alliés au Moyen-Orient. De son côté, Téhéran maintient que son programme nucléaire est strictement civil et nie toute intention de produire l’arme atomique.
Réactions au Maroc
La position d’Ahmed Raïssouni s’inscrit dans un mouvement plus large de condamnation au Maroc. Plusieurs formations politiques et mouvements civils ont exprimé leur rejet de l’opération militaire, parmi lesquels le Parti de la justice et du développement (PJD), le mouvement Al-Adl wal-Ihsan, le Groupe d’action nationale pour la Palestine ainsi que des partis de gauche.
Ces prises de position devraient alimenter un débat soutenu au sein des milieux politiques et religieux marocains. Figure influente du courant dit « maqassid » (centré sur les finalités de la loi islamique), Raïssouni est perçu comme une référence dans les cercles juridiques et prêcheurs, notamment sur les questions liées à la justice et à la défense des peuples opprimés.
Un paysage international fragmenté
L’escalade militaire a provoqué des réactions contrastées sur la scène internationale. Certains États et organisations islamiques ont dénoncé l’intervention américano-israélienne, tandis que d’autres ont adopté une posture plus prudente, oscillant entre neutralité et soutien partiel.
Dans un climat déjà marqué par de fortes tensions régionales — guerre à Gaza, affrontements indirects entre Israël et l’Iran, instabilité persistante en Syrie et au Liban — cette nouvelle flambée de violence accentue l’incertitude et ravive les fractures politiques et religieuses au Moyen-Orient.
La déclaration d’Ahmed Raïssouni, en se plaçant explicitement sur le terrain moral et religieux de la défense des « opprimés », confirme ainsi la dimension idéologique et symbolique que prend le conflit au-delà de ses enjeux strictement militaires et géopolitiques.
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