Par la rédaction internationale
Plus de 13 000 Maliens ont fui leur foyer depuis octobre 2025 pour trouver refuge dans le sud-est de la Mauritanie, alors que la violence s’intensifie au centre du Mali. Pris au piège entre groupes jihadistes, forces armées maliennes et combattants russes du Africa Corps, les civils paient un lourd tribut dans ce conflit qui s’aggrave.
Selon plusieurs témoignages et sources humanitaires, les habitants de la région sont confrontés à une pression croissante du groupe Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi qu’aux opérations militaires menées conjointement par l’armée malienne et des forces russes.
La majorité des déplacés ont traversé la frontière vers la région mauritanienne du Hodh Ech Chargi, où ils représentent désormais l’essentiel de la population réfugiée. Beaucoup ont fui à pied, les frappes de drones rendant les déplacements en véhicule trop dangereux.
Des témoins décrivent des scènes de grande violence : marchés attaqués, habitations incendiées, civils abattus alors qu’ils tentaient de fuir. « Ils tiraient sur tout le monde », raconte un survivant, Mentou, évoquant une attaque survenue en novembre 2025 dans le village de Boflusa.
Des organisations comme Human Rights Watch dénoncent des exactions commises lors d’opérations de contre-insurrection, notamment des exécutions illégales et la destruction de biens civils impliquant des forces maliennes et des combattants russes.
L’escalade des violences s’est accentuée depuis septembre 2025, lorsque les combattants du JNIM ont commencé à perturber l’approvisionnement en carburant vers Bamako et d’autres villes stratégiques.
Cette crise s’inscrit dans un contexte politique tendu. Depuis les coups d’État entamés en 2020, les autorités militaires maliennes ont progressivement rompu avec leurs partenaires occidentaux pour renforcer leur coopération avec la Russie, notamment après la transformation du groupe Wagner en Africa Corps.
La plupart des déplacés se retrouvent aujourd’hui dans le camp de réfugiés de Mbera, situé à environ 60 kilomètres de la frontière. Les organisations humanitaires peinent à répondre à l’afflux massif, alors que plus de 80 % des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants.
Les agences alertent également sur des risques croissants de traite des êtres humains, d’exploitation et de violences sexuelles dans un contexte de ressources insuffisantes.
Parallèlement à cette présence militaire, la Russie étend aussi son influence sur le continent africain par d’autres moyens. L’Église orthodoxe russe, notamment, a considérablement élargi son implantation, passant de quatre à 34 pays en moins de trois ans. Selon certaines analyses, ces structures contribueraient à diffuser des discours anti-occidentaux et à renforcer les réseaux favorables à Moscou.
Dans ce climat d’instabilité, la crise humanitaire au Mali continue de s’aggraver, laissant des milliers de civils sans protection ni perspectives de retour à court terme.
Source : Agences
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