Sahara occidental : un territoire oublié au cœur des tensions marocaines

Ali Radjel tente de faire vivre l’identité sahraouie à travers le football, en représentant une sélection non reconnue officiellement

Le Sahara occidental, souvent qualifié de « dernière colonie d’Afrique », demeure l’un des conflits territoriaux les plus anciens et les moins médiatisés du continent. À travers le parcours d’Ali Radjel, footballeur d’origine sahraouie vivant en Espagne, se dessine la réalité d’un peuple déplacé depuis près de cinquante ans.

Né dans le camp de réfugiés de Tindouf, en Algérie, Radjel porte sur ses dents les traces d’une enfance marquée par des conditions de vie extrêmes. Comme des milliers de Sahraouis, il a grandi dans le désert, dépendant de l’aide humanitaire, avant de s’installer en Europe. Malgré sa naturalisation espagnole et sa carrière sportive modeste, il reste profondément attaché à sa terre d’origine.

Ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, le Sahara occidental est depuis majoritairement contrôlé par le Maroc. Après des années de conflit avec le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, un cessez-le-feu a été signé en 1991 sous l’égide de l’ONU, avec la promesse d’un référendum d’autodétermination. Celui-ci n’a jamais eu lieu.

La région, riche en phosphates, en ressources halieutiques et potentiellement en pétrole, représente un enjeu stratégique majeur. Le Maroc y développe aujourd’hui d’importantes infrastructures, notamment à Dakhla, renforçant ainsi son contrôle. Un mur de sable long de 2 700 kilomètres, surveillé par l’armée, sépare les zones contrôlées par Rabat des territoires revendiqués par les Sahraouis.

La question du Sahara occidental reste sensible au Maroc. Les journalistes qui s’y intéressent font souvent l’objet de restrictions, voire d’expulsions. Cette situation contribue à l’invisibilisation du conflit sur la scène internationale.

Sur le plan diplomatique, plusieurs puissances occidentales, dont les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, ont récemment reconnu la souveraineté marocaine, soutenant un plan d’autonomie sous contrôle de Rabat. Une décision dénoncée par le Front Polisario comme une trahison.

Dans ce contexte, Ali Radjel tente de faire vivre l’identité sahraouie à travers le football, en représentant une sélection non reconnue officiellement. Il rêve de voir un jour son pays participer aux grandes compétitions africaines, à l’image de nations récemment indépendantes.

Pour lui, comme pour de nombreux réfugiés, le Sahara occidental reste un territoire oublié. Privés de leur droit à l’autodétermination, des générations entières vivent dans l’attente d’un avenir meilleur. « Il est important que l’Europe entende notre histoire », insiste-t-il, espérant que la visibilité du Maroc lors de la Coupe du monde 2030 permettra de relancer le débat.

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